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Ce que l’intelligence artificielle change vraiment pour les aides auditives
Longtemps cantonnés à l’amplification des sons, les appareils auditifs changent de dimension grâce à l’intelligence artificielle. Capables d’analyser l’environnement sonore, de distinguer les voix du bruit ambiant et de suivre une conversation, ils cherchent à répondre à l’un des principaux défis de la malentendance : comprendre la parole dans les situations du quotidien.
[EN VIDÉO] Les sons de l’espace : ce sujet du magazine Space (sur Euronews) fait entendre une symphonie de – vrais – pulsars puis une adaptation (Sun Rings) par le Kronos Quartet et interroge des astronautes sur les musiques qu’ils emportent « là-haut ».
D’après l’OMS, « d'ici 2050, près de 2,5 milliards de personnes vivront avec un certain degré de perte auditive, dont au moins 700 millions auront besoin de services de réadaptation. L'inaction sera coûteuse en termes de santé et de bien-être des personnes touchées, outre les pertes financières découlant de leur exclusion de la communication, de l'éducation et de l'emploi ».
Encore faut-il pouvoir disposer d'un appareillage adapté et doté d'une performance sonore en situation réelle, avec une attention particulière portée à la compréhension dans le bruit, en groupe, au téléphone ou devant la télévision. Ce critère est en tête des attentes devant la fiabilité et le confort d'utilisation, selon une étude Arcane Research.
L'enjeu dépasse le confort. Une aide mal adaptée peut laisser persister une intelligibilité insuffisante et donc une forte mobilisation cognitive. La fatigue d'écoute peut se traduire par une baisse de concentration, une distractibilité accrue ou un sentiment d'épuisement mental. Les troubles auditifs sont un facteur de perte d’autonomie et d’isolement social. Le port d'aides auditives permettrait par exemple de prévenir la démence.
Car pendant longtemps, les aides auditives s'évertuaient à essayer d'étouffer le bruit ambiant pour laisser plus de place aux sons plus importants comme ceux d'une conversation. Sauf que les informations sonores considérées comme du « bruit » peuvent aussi contribuer à la perception de l'espace et à la compréhension de la situation.
C'est sur ce terrain que les fabricants développent désormais des algorithmes capables de différencier les différentes composantes d'une scène sonore. La nouveauté n'est donc plus simplement d'augmenter le volume. Il s'agit de hiérarchiser l'information sonore. Signia, par exemple, présente avec sa plateforme MaX une architecture « double flux » qui sépare notamment la parole et les autres composantes sonores afin de faire davantage ressortir les voix sans supprimer totalement l'ambiance. Elle propose également un suivi dynamique des voix lorsque les locuteurs se déplacent, ainsi qu'une gestion de plusieurs sources vocales simultanément.
Autre grande difficulté : la perception de sa propre voix. Elle repose en effet sur deux canaux très différents. Si les microphones de l'appareil auditif parviennent à capter et amplifier la voie aérienne, ils ont plus de difficultés à relayer les vibrations des cordes vocales, du larynx, de la mâchoire et du crâne qui se transmettent directement à l'oreille interne via les os.
C'est là où l'intelligence artificielle peut entrer en jeu comme le « Own Voice Processing » de Signia. Le principe consiste à identifier la voix de l'utilisateur et à lui appliquer un traitement spécifique. « Fini la sensation désagréable de parler dans un tonneau, il retrouve le timbre naturel de sa propre voix, ce qui lève le principal frein à l'acceptation de l'appareillage » explique Nicolas Sériès, directeur général du groupe WS Audiology France dont fait partie Signia.
Avec sa technologie MaX, l'aide auditive est aussi désormais pensée comme une connectivité universelle. Son modèle Pure Charge&Go MaX intègre le Bluetooth® LE Audio et la nouvelle norme de diffusion publique Auracast, qui permet de recevoir le son des annonces d'une gare ou d'un écran de cinéma directement dans les oreilles.