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REPORTAGE. "On n'a aucun droit de déblayer" : au Porge, les sinistrés se désolent de l'inaction des assurances
Au Porge, cette commune ravagée par les incendies, cet été, 183 maisons ont été détruites et 600 personnes n'ont plus de logement. Deux mois après le déplacement de Sébastien Lecornu, qui leur a promis de faciliter la reconstruction, les sinistrés constatent que rien n'avance.
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Depuis le terrible incendie de juillet en Gironde, qui a détruit 183 habitations rien que dans ce village de 3 500 habitants, c'est la première fois qu'il pleut au Porge. À part ça, le paysage est resté à l'identique. Sur la longue avenue du bassin d'Arcachon, à gauche et à droite, les décombres des 52 maisons parties en fumée le long de cette route sont toujours là. Rien n'a été nettoyé, ni déblayé. Il faut attendre le feu vert des assurances.
"Pour le moment, on n'a aucun droit de déblayer, et ce qui est horrible, c'est qu'il y a encore des gens qui passent à 30 km/h pour regarder nos maisons sinistrées", témoigne Yves Brugieregarde, un sinistré du Porge. Sa maison "est la même ruine qu'au jour où je l'ai découverte, et ces ruines nous rappellent le désastre".
"Si cette ruine partait, déjà, ça serait une étape psychologique énorme. Parce que là, on pourrait se dire, ça y est, c'est passé, maintenant on va pouvoir faire autre chose."
Actuellement, Yves est relogé dans un domaine naturiste, dans lequel il loue un petit chalet de vacances. "On s'est inscrit là-bas par ce qu'on savait qu'il y a plein de gens qui ne voudraient pas y aller. C'est une région où les loyers sont assez chers, donc on accepte des conditions de logement sans commune mesure avec celles d'avant."
Au Porge, trois mois après, rien n’a bougé pour les sinistrés
Après le passage de plusieurs - parfois jusqu’à dix - experts et contre experts sur les ruines de leur logement, tous les sinistrés du Porge fulminent contre les assurances. "Très clairement, les assurances ne jouent pas le jeu, abonde le maire, Martial Zaninetti. Donc, maintenant, on a demandé aux services de l'État d'aller beaucoup plus vite, parce que cette temporalité n'est pas acceptable pour nos administrés, qui sont aujourd'hui dans la douleur, dans l'attente. Nous arrivons en plus sur la période automnale."
"Psychologiquement, c'est très douloureux et ça affecte tout le village. On ne sort pas de ce drame, on n'arrive pas à tourner la page."
Sébastien Lecornu avait promis de surveiller les assureurs, lors de sa visite au Porge. "Celles et ceux qui joueront le jeu, on dira lesquels, avait-il dit alors, celles et ceux qui ne joueront pas le jeu, on dira lesquels aussi". Autre engagement du Premier ministre : la délivrance de permis de construire en un mois. C'était il y a deux mois et la mesure est dans un projet de loi pas encore programmé à l'Assemblée nationale.