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On a testé le Google Maps et le Waze des manifestations du 17 octobre, une carte qui cache bien des secrets !
Présentée comme le « Waze du 17 octobre », l’application 17octobre.app permet de signaler en direct présence policière, gaz lacrymogène ou ravitaillement pendant la mobilisation de samedi. Un outil bien plus complexe et complet qu'il n'y paraît, avec radar, talkie-walkie et offres payantes.
À deux jours de la mobilisation du samedi 17 octobre, le site 17octobre.app se rêve en Waze ou Google Maps de la contestation. Il s'agit d'une carte participative sur laquelle chacun peut signaler une BRAV-M, un nuage de lacrymogène, un hélicoptère ou un point de ravitaillement. L'outil surfe sur un appel né sur les réseaux sociaux, qui ravive l'esprit des Gilets jaunes sur fond de carburant hors de prix et de contestation étudiante. Sous le vernis d'une interface léchée se cachent pourtant une modération a minima, des options payantes et une communication qui joue franchement avec le feu. Clubic a exploré l'outil vibecodé de fond en comble.
D'abord, sachez qu'il n'y a pas de boutique d'applications dans la balance, puisque 17octobre.app tourne directement sur votre navigateur, un choix assumé pour ne pas dépendre des différentes boutiques. La carte se consulte sans compte, et un pseudonyme accompagné d'un mot de passe suffit pour publier, sans avoir à fournir son e-mail ni numéro de téléphone. On y trouve trois grandes catégories ou alertes, « Sécurité », « Pratique » et « Humour », et un radar facultatif affiche celles situées dans un rayon de 25, 50 ou 100 mètres. Le menu des signalements donne le ton, puisqu'on peut de façon communautaire indiquer la présence d'un canon à eau, d'un hélicoptère, d'une nasse, d'un véhicule blindé, de la BRAV-M (brigades motorisées de la police), mais aussi toute « prise d'otage présumée » et « suspicion de piège ou d'explosif », et la liste que je vous donne est loin d'être complète.
La fiabilité de l'outil reste, elle, à démontrer. On a pu constater, durant notre navigation, de nombreux signalements farfelus, comme certaines personnalités du web par exemple, qui auraient été aperçues dans les rues de Paris. Jeudi en fin de journée, deux jours avant le coup d'envoi, la carte de Paris affichait déjà des pictogrammes de flammes, des nuages de gaz et un groupe estimé à environ 500 000 militants. Des chiffres plus « syndicat » que « police », me direz-vous.
Toujours est-il que chaque alerte peut être confirmée, contestée ou déclarée dépassée par les autres utilisateurs. À Marseille, un tir de lacrymogène signalé moins d'une heure plus tôt écopait ainsi du statut « contestée ». Le site le reconnaît d'ailleurs sans fard : rédigées par la communauté, les informations peuvent être inexactes ou périmées. Voilà pourquoi il faut faire preuve d'une certaine prudence au moment de consulter la carte.
Concernant la modération, l'équipe, ou la personne qui a programmé la carte, mise sur la légèreté. Tout est publié instantanément, et un contenu n'est masqué qu'après les signalements de plusieurs utilisateurs distincts. Une intelligence artificielle n'en examine qu'une infime partie, tirée au hasard, et aucun humain ne revient sur ses décisions. Des personnes modèrent aussi les contenus signalés, sans plus de précisions. Les règles bannissent bien les fausses alertes alarmistes, mais les catégories les plus anxiogènes restent à portée de clic. Et comme un compte se crée en quelques secondes, rien n'empêche, en théorie, d'en multiplier pour confirmer ses propres canulars.
À première vue, on pense naviguer sur un outil totalement gratuit. Mais en fait, pas vraiment. Car la carte, le radar et le fait de publier un signalement ne sont pas les uniques fonctionnalités. Le talkie-walkie, qui prend la forme de salons vocaux pouvant réunir jusqu'à 200 personnes, se limite à cinq minutes d'essai au total. Au-delà, il faut débourser 10 euros pour la radio à vie, ou 17 euros pour le « Full Premium ». Vous pouvez y ajouter des accessoires de mascotte à 5 euros pièce, un soutien mensuel facultatif et un programme d'ambassadeurs.