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Fin du thermique en 2035 : pourquoi la France vient de céder face à l’Allemagne
L’avenir de l’industrie automobile européenne n’est pas forcément très radieux à l’heure actuelle. La concurrence chinoise est de plus en plus rude, avec l’arrivée en nombre d’autos électriques sur notre territoire. L’Empire du Milieu contrôle aussi une grande partie de la production de ces dernières, ainsi que celle des batteries. Le tout au détriment des entreprises européennes, qui ont déjà tiré la sonnette d’alarme. Alors, Bruxelles veut trouver des solutions. Deux pays viennent justement de s’entendre en parallèle.
Il s’agit de la France et de l’Allemagne, qui ont trouvé ce jeudi 15 octobre un compromis provisoire sur l’avenir du secteur automobile d’ici à 2035, selon des sources diplomatiques citées par l’agence de presse Reuters et par l’AFP. Le principe est assez simple, puisque la France accepte d’assouplir davantage l’objectif européen de baisse des émissions de CO2 des voitures neuves en 2035. Et ce alors que Berlin réclamait un assouplissement des règles, sous la pression notamment de certains constructeurs.
Pour mémoire, l’Union européenne prévoyait initialement d’interdire purement et simplement la vente de voitures thermiques d’ici à 2035. En décembre 2025, la Commission européenne a proposé d’assouplir cette règle, en ramenant l’objectif de réduction des émissions de 100 % à 90 %. La Commission voulait toutefois que les 10 % restants soient compensés, par de l’acier bas carbone produit dans l’UE ou par des carburants synthétiques et des biocarburants. Le compromis franco allemand supprime cette compensation, en invoquant « l’utilisation croissante de carburants dits renouvelables ».
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Côté allemand, ce compromis pourrait d’ailleurs coincer. Selon Reuters, le ministre de l’Environnement, le social-démocrate Carsten Schneider, plaidait plutôt pour un objectif ramené à 95 %, les 5 points restants étant compensés par de l’acier bas carbone.
Paris n’a pas lâché du lest sans contrepartie. En échange de cet assouplissement, la France obtient de Berlin une définition plus stricte du « Made in Europe » dans l’automobile, conformément à la volonté de Bruxelles, qui avait déjà évoqué la mise en place d’un bonus réservé aux autos électriques fabriquées sur place. Une mesure alors soutenue par deux groupes rivaux, Stellantis et Volkswagen.
Le texte présenté le 4 mars 2026 par la Commission, l’Industrial Accelerator Act, prévoit que les voitures électriques et hybrides rechargeables qui profitent d’aides publiques soient assemblées dans l’UE, avec au moins 70 % de la valeur de leurs composants (hors batterie) d’origine européenne. Le Parlement européen veut même relever ce seuil à 75 %.
Si ce n’est pas le cas, les modèles concernés n’auraient pas droit aux aides à l’achat, comme la prime CEE en France, déjà conditionnée à un éco-score. Mais voilà que l’accord entre la France et l’Allemagne précise désormais encore plus les règles.
Ainsi, la fabrication devra se faire dans l’un des 27 pays de l’UE pour obtenir le label « Made in Europe ». Les autres partenaires européens qui faisaient partie du marché intérieur au 1er janvier 2020 sont aussi inclus, comme la Norvège. C’est aussi le cas du Royaume-Uni, qui a quitté l’UE le 31 janvier 2020 mais n’est sorti du marché unique qu’à la fin de cette année-là.
Le Royaume Uni pourrait toutefois devoir adopter les mesures prises par Bruxelles pour limiter les importations de voitures électriques et hybrides chinoises, afin d’éviter qu’elles n’arrivent dans l’UE par ce biais. L’accord franco-allemand impose en effet aux pays hors UE de signer un accord de réciprocité pleine pour entrer dans les conditions de production européenne.