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« Les biais cognitifs nous jouent des tours » : rencontre avec des experts qui décryptent les pièges de la désinformation climatique
Alors que la France étouffe sous une nouvelle canicule historique, une partie des médias a trouvé son coupable idéal à 15 000 kilomètres de nous : El Niño. Faut-il vraiment craindre un été extrême en Europe à cause de ce qui se trame dans le Pacifique ? La réponse de la science est sans ambiguïté.... Lire la suite
Pourquoi les fausses informations sur le climat nous séduisent-elles autant, et comment éviter de tomber dans leurs pièges ? Biais cognitifs, algorithmes des réseaux sociaux, intelligence artificielle… Lors d’une table ronde organisée à Paris, des experts ont décrypté les mécanismes de la désinformation climatique et les clés pour distinguer le vrai du faux.
[EN VIDÉO] Notre pays est l’un des territoires où la situation climatique se détériore le plus vite. Quelles sont les régions les plus impactées en France et quel est le risque principal ? Les explications de Karine Durand.
Comment arriver à trancher le vrai du faux sur tout ce que l'on peut lire et entendre sur le climat ? Répondre à cette question essentielle était justement l'objet d'une table ronde, organisée par le Forum International de la Météo et du Climat, le 11 octobre dernier, à l'Académie du Climat, à Paris, à laquelle j'ai participé. Quatre intervenants aux regards complémentaires étaient présents pour en débattre, deux chercheuses spécialistes du traitement de l'information climatique, et deux journalistes présentateurs météo bien connus du grand public.
????️ Comment informer juste face au changement climatique ?Débat « Météo et Climat : dire vrai, informer juste »???? Karine Durand (journaliste)???? Louis Bodin (TF1, RTL)???? Myriam Seurat (FTV)???? Cécile Maguin (LSCE-IPSL)????Amandine Richaud-Crambes (ADEME)???? pic.twitter.com/J3JoSrR8BU
En matière de fausses informations, deux thèmes se hissent en haut du podium, à la fois dans les médias, et sur les réseaux sociaux : le climat (et plus largement l'écologie) et la santé. Comme l'explique Amandine Richaud-Crambes, chercheuse spécialiste de l'écologie, du climat, de la politique et du féminisme intersectionnel à l'Ademe, il faut distinguer deux comportements différents en ce qui concerne les fake news : « la désinformation, lorsque c'est fait de manière volontaire ; et la mésinformation, lorsque c'est lié à des erreurs et des oublis involontaires ».
Malgré l'abondance de faits erronés qui circulent, impossible à quantifier sur les réseaux sociaux (contrairement aux médias traditionnels qui sont analysés), nous explique la chercheuse de l'Ademe, les Français ne remettent pas en cause, pour la majorité, la réalité du réchauffement climatique et son origine : « de manière surprenante, ce qui revient le plus, ce n'est pas tant de la désinformation sur le changement climatique et ses causes, c'est plutôt de la désinformation ou de la mésinformation sur les solutions pour lutter contre le changement climatique, notamment sur les énergies avec des chiffres faux, sur les énergies renouvelables, sur la mobilité qui représente une grande partie des cas de désinformation », précise Cécile Maguin, ingénieur recherche au Laboratoire des Sciences du Climat et de l'Environnement (LSCE - IPSL), mais aussi experte sur la désinformation climatique dans les médias français et sur les biais cognitifs associés pour l'ONG Science Feedback. Un constat confirmé par l'Ademe : « c'est vraiment la façon dont on met en œuvre la transition écologique qui fait l'objet de désinformation. Il y a beaucoup d'opinions dans les discours ».
Cependant, lorsque les choses sont bien expliquées, les Français ne sont pas dupes : « la dernière édition du baromètre de l’Ademe a révélé qu'une information a plus de valeur pour 78 % des Français lorsqu'elle est validée scientifiquement », annonce Amandine Richaud-Crambes. Encore faut-il trouver les mots justes pour parler de climat et de solutions au réchauffement.
C'est désormais l'un des nouveaux rôles des journalistes présentateurs météo, comme l'expliquent Myriam Seurat, journal