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Le MCP, c'est quoi ? Comment l’USB-C de l'IA lui donne enfin de vrais bras
Retrouver un document, consulter un agenda, créer une tâche… Le MCP facilite les connexions entre les IA et nos logiciels du quotidien. Chatbots, assistants ou agents peuvent ainsi accéder à des données et utiliser des outils grâce à ce protocole commun. Décryptage.
Vous pensiez que le MCP était le grand méchant de Tron ? Le Master Control Program du film de 1982 a désormais un homonyme nettement plus pacifique dans la tech. Du moins, pour l’instant. Le Model Context Protocol, ou MCP, est un standard qui permet aux applications utilisant un modèle d’IA d’accéder à des logiciels, des fichiers et des services en ligne. Cela concerne aussi bien un chatbot qu’un assistant intégré à un logiciel ou un agent piloté depuis un terminal, comme Claude Code ou Gemini CLI.
Pour faire simple auprès de vos proches avides de questions sur l’IA, le MCP peut permettre à une IA de consulter votre agenda ou de retrouver un document au lieu de simplement vous expliquer où cliquer. Une différence qui paraît minime sur le papier, mais qui change profondément ce qu’une IA peut faire pour nous.
Demandez à une IA de préparer votre prochaine réunion sans lui donner accès à votre agenda ni à vos documents. Elle pourra vous proposer une méthode et la décrire, mais elle n’ira guère plus loin. Pour travailler réellement avec ces informations, l’application qui héberge le modèle doit disposer d’un moyen de les récupérer.
C’est précisément le problème auquel s’attaque le MCP, présenté par Anthropic en novembre 2024. Sa documentation utilise une comparaison assez parlante pour les utilisateurs de tech au quotidien, celle de l’USB-C. Ainsi, plutôt que d’inventer une connexion différente pour chaque assistant et chaque service, le protocole propose une manière commune de présenter des données et des fonctions à une IA.
Ce connecteur commun ne fait pas disparaître les API, ces interfaces utilisées pour faire communiquer les logiciels. Un serveur MCP peut s’appuyer sur elles, mais aussi accéder directement à des fichiers, à une base de données ou à des fonctions locales. Il peut, par exemple, exploiter l’API d’un agenda pour proposer à l’assistant de rechercher un rendez-vous, de consulter un événement ou de créer une réunion, en précisant les paramètres nécessaires à chaque action.
L’intérêt est évident pour les développeurs, qui évitent de reconstruire entièrement chaque intégration. Mais l’utilisateur peut aussi y gagner, car un même service devient théoriquement plus facile à connecter à plusieurs assistants compatibles.
Théoriquement, car une norme commune n’efface pas les différences entre les applications ni les questions de permissions. Deux logiciels compatibles MCP ne proposeront pas nécessairement les mêmes fonctions.
Le MCP ne corrige pas à lui seul les erreurs de raisonnement d’un modèle. Il peut en revanche améliorer son efficacité en lui donnant accès aux bonnes données et aux bons outils. Encore faut-il que l’application orchestre correctement les opérations et que leurs résultats soient vérifiés.
Prenons une demande très simple : « Prépare ma réunion de demain avec le dernier compte rendu et le dossier client. »