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"On a sous-évalué le nombre de casseurs" : le maintien de l'ordre sous le feu des critiques après les violences en marge de la mobilisation du 17 octobre
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Au lendemain des destructions, des pillages et des affrontements avec les forces de l'ordre qui ont eu lieu dans de nombreuses villes de France, le gouvernement est sous pression. Des appels à la démission visent en particulier le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez.
Comment expliquer que de telles scènes de violences aient pu se produire ? Au lendemain de la mobilisation du 17 octobre dont les revendications ont été éclipsées par des affrontements avec les forces de l'ordre, des pillages et des destructions dans de nombreuses villes de France, la stratégie du maintien de l'ordre se retrouve sous le feu des critiques.
A Limoges (Haute-Vienne), l'hôtel de ville a été incendié. A Marseille et Lille, les mairies ont été attaquées. A Bordeaux, la résidence de la préfète de Gironde a été vandalisée. A Paris, des magasins ont été saccagés et pillés, des véhicules et des commerces, incendiés.
Quelque 2 000 personnes ont été interpellées dans le cadre de ces violences, a rapporté dimanche sur X le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez. "A ce stade, plus de 600 policiers, gendarmes et sapeurs-pompiers ont été blessés", a ajouté le ministre, évoquant un bilan qui "n'est malheureusement que provisoire". La police des polices est saisie de deux nouvelles enquêtes après qu'une adolescente a perdu un oeil à Mulhouse et qu'un manifestant a été blessé au crâne à Paris.
Face à ce constat, une question revient sur de nombreuses lèvres : le gouvernement a-t-il failli dans la préparation et la gestion de son dispositif de sécurité ? Dimanche, il est montré du doigt par de nombreux responsables politiques. L'Etat "n'a pas été capable d'assurer partout l'ordre public", a tancé sur X l'ancien président de la République François Hollande. Invité de RTL, le député Rassemblement national Sébastien Chenu a critiqué "un manque de moyens, au-delà même de la stratégie".
"Laurent Nuñez est manifestement dépassé par la situation, dont il a clairement sous-estimé l'ampleur", a considéré sur X Marine Tondelier, candidate écologiste à la présidentielle. Elle a en outre appelé le ministre de l'Intérieur à démissionner, tout comme plusieurs députés de La France insoumise, à l'image de Danièle Obono, Antoine Léaument et Paul Vannier. "Je ne sais même pas comment ce matin, en se rasant devant son miroir, il n'a pas pu penser une seconde à démissionner parce qu'il est tout à fait incompétent pour gérer le chaos", a aussi renchéri, au micro de franceinfo, le porte-parole du RN Laurent Jacobelli.
Le ministre de l'Intérieur se défend de tout manquement. "Le dispositif n'était pas sous-dimensionné (...) On a eu affaire à une arrivée massive de casseurs et de pilleurs, qui ont agi par groupes, se sont dispersés et disséminés", s'est-il justifié face à la presse samedi soir.
"C'est beaucoup plus compliqué quand vous avez des groupes épars."
Sur les réseaux sociaux, une déclaration de Laurent Nuñez, datant du 6 octobre, a été largement relayée a posteriori par ses détracteurs pour le mettre face à ses contradictions. Sur France Inter, l'ancien préfet de police de Paris avait suggéré que "perdre le contrôle, c'est si jamais vous aviez des hordes de personnes qui défilaient dans les centres-villes, qui pillaient les magasins et qui commettaient des exactions". Le ministre a annulé au dernier moment sa participation à l’interview prévue dimanche soir sur TF1.