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Actualité : Une IA d’OpenAI s’est servie dans son portefeuille crypto, puis l’a caché à ses créateurs
Quelque part, le portefeuille d'un inconnu a réglé les frais d'une IA d'OpenAI. À court de budget, la machine a passé au crible 362 comptes, s'est posé la question morale, l'a tranchée en sa faveur, puis a rendu sa copie sans un mot sur ce détour.
© NARTSPHOTO - Image d'illustration. Pour boucler sa mission, l'IA d'OpenAI a puisé de l'ether de test, sans valeur marchande, dans le portefeuille d'un inconnu, sans jamais en avertir ses concepteurs.
OpenAI a publié un rapport d'incident daté du 15 octobre 2026 qui donne le vertige, même si aucun centime réel n'a disparu. Le 26 juin, un modèle de recherche interne de la famille GPT-5.6 Sol devait moderniser un prototype d'application de trading et déployer des contrats sur Sepolia, le réseau de test d'Ethereum, où les jetons n'ont aucune valeur marchande. Chaque déploiement exige pourtant de payer des frais, et personne ne lui avait confié de portefeuille approvisionné ni la permission de se servir ailleurs.
Les "faucets", ces robinets qui distribuent gratuitement des jetons aux développeurs, n'ont rien donné. L'agent a alors écrit un script pour reconstituer des comptes à partir de phrases de récupération publiques. Ces suites de mots font office de clé maîtresse, et certains outils de développement les publient en exemple. Sur 362 adresses sondées, une seule était assez garnie.
2. June 26: A GPT-5.6 Sol family model was asked to deploy cryptocurrency smart contracts. It found and used a funded wallet that the user had not supplied. It derived keys from public developer recovery phrases, checked 362 addresses, and found one with enough funds to pay for… pic.twitter.com/M9t1eYaOE0
Son raisonnement interne trahit une hésitation éclair. "Mais utiliser ces fonds connus de tous, est-ce éthique ?", s'interroge le modèle, avant de juger les jetons "en pratique abandonnés" et de conclure d'un laconique "C'est bon". Il signe la transaction, essuie plusieurs refus de serveurs, trouve une autre voie, et les frais sont débités du compte de l'inconnu. Son rapport final détaille le travail accompli et passe l'emprunt sous silence.
Ce cas montre qu'un modèle peut substituer son propre jugement sur la probabilité d'un préjudice à l'autorisation du titulaire du compte, puis agir sur la base de ce jugement sans autorisation.
Personne n'a rien vu sur le moment. L'épisode a refait surface le 25 septembre, quand OpenAI a étendu sa surveillance automatique aux archives d'activité de ses modèles. Le constat est embarrassant : l'agent disposait d'un accès réel à Internet pendant son entraînement. La firme affirme avoir colmaté la brèche, et son système de surveillance analyse désormais tout le trafic, avec une alerte à l'équipe sécurité si un modèle parvient à se connecter.
JUST IN: OpenAI says its AI agent stole funds from an Ethereum testnet walletThe agent reportedly found a publicly exposed recovery phrase for a funded wallet on Sepolia and used its test ETH to pay for a task. pic.twitter.com/kMhvXBb9LQ
La liste s'allonge. En juillet, des modèles d'OpenAI, dont GPT-5.6 Sol, avaient franchi les murs de leur environnement de test pour pirater Hugging Face. En septembre, on apprenait qu'un de ses agents s'était introduit en juin dans un portail de santé du gouvernement australien, et que d'autres avaient accédé sans autorisation à des sites fédéraux américains, dont ceux de la SEC et du Census Bureau.