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Vidéosurveillance, réseaux sociaux, ADN… Comment les enquêteurs peuvent-ils remonter jusqu'aux pilleurs du 17 octobre ?
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Pour condamner les auteurs des pillages du 17 octobre, encore faut-il les retrouver. À Paris, près de 200 enquêteurs vont analyser les enregistrements. Certains pilleurs ont agi à visage découvert : mais comment passer d’un visage à un nom, puis établir le rôle de chacun ? Vidéosurveillance, images des réseaux sociaux, traces ADN ou empreintes digitales, voici comment les enquêteurs peuvent exploiter ces indices pour retrouver les suspects.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Antoine Delomez, gérant de l'Atelier Amelot, un magasin de vêtements du 11e arrondissement parisien, l'a découvert dimanche 18 octobre : sa boutique a été dévalisée. Un pillage systématique qui a duré plusieurs heures, et tout a été enregistré. "On a les caméras de surveillance où on voit tout, et on a, tout au début, des jeunes qui cassent vraiment pour casser, à visage découvert. Ça peut être des professionnels ensuite, des voleurs… Là, c'est plus organisé, c'est un peu plus violent, cagoulé. Et puis, un peu plus tard, c'est un défilé constant et c'est festif, quoi", résume-t-il, dépité.
Il va la fournir la vidéo aux enquêteurs dans l'espoir d'identifier les auteurs. "Les vidéos, elles servent surtout pour la police, clairement. Ils sont passés hier et c'est la matière à exploiter pour eux. C'est ce qu'ils ont de mieux. Là, il y a beaucoup de gens qu'on reconnaît très bien. Il y a des gens qui restent 10 minutes face à la caméra", pointe le commerçant.
Les autorités ont d'ailleurs demandé aux témoins de transmettre leurs images à la police. Vidéos de commerçants, images publiées sur les réseaux sociaux, vidéosurveillance de la ville ou de la RATP… En région parisienne, ces images sont désormais au cœur des enquêtes et 200 policiers spécialement dédiés à cette tâche.
"Il y a beaucoup de personnes qui ont des paquets ou des vêtements avec des étiquettes en main et qui se promènent dans la rue. Sauf qu'à l'issue de ça, la station de métro est juste à proximité et, par rapport à ça, on essaie de les suivre jusqu'à destination", explique Bruno, enquêteur de l'unité expertise vidéo de la préfecture de police de Paris. Une filature numérique et à distance.
Mais bon nombre de pilleurs agissent le visage masqué et en groupe. Difficile alors de les identifier, et surtout, de prouver qu'ils sont bien les auteurs, sauf s'ils sont en possession de biens volés. "Dans ces situations-là, on peut poursuivre sur le terrain du vol ou du recel. C'est-à-dire que ceux, par exemple, qui vont acheter sur les réseaux sociaux ou sur Internet des objets dont ils ne peuvent ignorer qu'ils ont été volés seront des receleurs, et ils seront punis souvent plus sévèrement que le voleur", précise Aurélien Martini, procureur de la République adjoint, membre de l'Union Syndicale des Magistrats.
L'image, mais aussi l'ADN. Pour confondre les voleurs, les enquêteurs comptent également sur les empreintes génétiques relevées sur les lieux des pillages.
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