// CLUBIC — INTELLIGENZA ARTIFICIALE
Ils ont détourné une PS5 pour faire tourner une IA locale et les résultats sont surprenants
Une PlayStation 5 capable de faire tourner des modèles d'intelligence artificielle à plus de 100 tokens par seconde ? C'est ce que démontre PS5LM Plus, un projet open source qui exploite le processeur graphique de la console pour exécuter des IA localement. Une prouesse technique, mais réservée aux PS5 modifiées.
Faire tourner une IA locale exige généralement un ordinateur doté de suffisamment de mémoire et de puissance de calcul. Pourtant, des développeurs ont trouvé un moyen d'exploiter un matériel déjà présent dans des millions de foyers : la PlayStation 5.Tout commence avec PS5LM, un projet de Mert Cobanov qui adapte le moteur llama.cpp à la console de Sony. En quelques jours, un dérivé baptisé PS5LM Plus, développé par abhi245y, est allé beaucoup plus loin en permettant aux modèles d'utiliser directement le GPU AMD de la machine.
La première approche utilisait uniquement le processeur de la PS5, avec environ 6 Gio de mémoire accessibles au programme. Sur un modèle volumineux, Qwen 3.8 27B, le résultat était extrêmement lent : environ un token généré par minute, les données devant être lues depuis le stockage.PS5LM Plus contourne ces limitations grâce à une application native exploitant Vulkan et le processeur graphique de la console. Elle peut ainsi utiliser environ 12 Gio de mémoire partagée pour exécuter les modèles.
Le changement est spectaculaire : Qwen 3.8 27B atteint désormais une vingtaine de tokens par seconde, contre un seul par minute auparavant. Le développeur annonce également 61 tokens/s avec Gemma 4 E4B et jusqu'à 124 tokens/s avec Llama 3.2 3B.
Le projet rapporte même une réponse de 7 775 tokens produite à une moyenne de 19,7 tokens/s avec Qwen, signe que le débit peut se maintenir sur une génération relativement longue. Ces résultats restent toutefois ceux du développeur, et non de tests indépendants.
Pour tenir dans la mémoire disponible, le modèle de 27 milliards de paramètres utilise une quantification très poussée : ses paramètres sont compressés avec une précision d'environ 2 bits chacun. Cette méthode réduit considérablement les besoins en mémoire, mais peut dégrader la qualité des réponses.
Alors non, l'intérêt ne se limite pas à discuter avec une IA depuis son téléviseur ! PS5LM Plus propose une interface utilisable à la manette, une bibliothèque de modèles téléchargeables depuis Hugging Face et un serveur accessible aux autres appareils du réseau local.Un ordinateur ou un smartphone peut ainsi envoyer des requêtes à la console, qui exécute les modèles sans passer par un service d'IA distant. Le serveur propose des interfaces compatibles avec les API OpenAI et Anthropic, permettant notamment à Claude Code, Codex ou OpenCode d'utiliser la PS5 comme moteur d'IA local, sous réserve des capacités du modèle installé.
Mais cette expérimentation exige une PS5 jailbreakée, avec un firmware compatible et plusieurs outils communautaires, notamment kstuff-lite, etaHEN et ShadowMountPlus. L'installation implique des manipulations techniques, avec des risques d'instabilité, de sécurité et d'éventuelles restrictions d'accès aux services Sony.Il ne s'agit donc pas d'une solution prête à l'emploi, ni d'une raison suffisante pour acheter une PS5 afin d'exécuter des modèles d'IA. Les résultats dépendent aussi du modèle choisi, de sa compression et des ressources disponibles. L'expérience reste révélatrice : en exploitant le GPU d'une console conçue avant tout pour les jeux vidéo, les développeurs montrent qu'un appareil de salon peut aussi devenir un serveur d'intelligence artificielle.Les projets PS5LM et PS5LM Plus sont disponibles sur GitHub.