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Après Huawei et DJI, les États-Unis déclarent la guerre à l’IA chinoise DeepSeek
Les États-Unis ordonnent le retrait de DeepSeek des systèmes informatiques de leurs administrations civiles fédérales. L’interdiction concerne aussi les logiciels qui utilisent ses modèles, même lorsqu’ils sont proposés par d’autres entreprises.
Une application peut parfaitement exploiter DeepSeek sans jamais afficher son nom. Et c’est précisément ce que Washington entend désormais empêcher dans ses administrations. Dans une décision datée du 24 juillet, mais rendue publique le 19 octobre, le département américain de la Sécurité intérieure (DHS) ordonne le retrait des technologies de l’entreprise chinoise des systèmes informatiques fédéraux civils.
La mesure va donc bien au-delà du simple chatbot et concerne également les fournisseurs de logiciels qui s’appuient sur les modèles de DeepSeek.
Les administrations concernées doivent supprimer les produits développés par DeepSeek ou ses filiales, mais aussi les solutions d’autres éditeurs qui utilisent sa technologie. Le texte interdit également tout nouvel achat de ces produits et services. Une procédure de dérogation était toutefois prévue, avec des demandes à déposer dans les soixante jours suivant l’émission de l’ordre.
En revanche, les particuliers américains peuvent toujours utiliser DeepSeek, tout comme les entreprises privées qui ne sont pas soumises à cette décision.
Pour justifier cette exclusion, le DHS évoque les risques de transfert de données sensibles vers la Chine et leur éventuelle exploitation à des fins de renseignement. Washington redoute également la présence de vulnérabilités ou de logiciels malveillants. Ces inquiétudes constituent le fondement de la décision, sans signifier que chaque application utilisant DeepSeek transmet effectivement des informations aux autorités chinoises.
Le laboratoire chinois s’est d’abord imposé avec V3 et R1, deux modèles qui ont bousculé le marché de l’IA générative. Le premier repose sur une architecture dite de « mélange d’experts », qui n’active qu’une partie de ses 671 milliards de paramètres à chaque étape du calcul. Le second s'est particulièrement illustré dans les tâches de raisonnement, les mathématiques et la programmation.
Depuis, DeepSeek a enrichi son catalogue avec V4 Pro et V4.1 Flash, ce dernier privilégiant notamment la rapidité et l’efficacité du calcul.
Mais la particularité de plusieurs modèles DeepSeek tient surtout à leurs poids téléchargeables. Ils peuvent être installés sur des serveurs indépendants, sans passer par l’infrastructure chinoise. Un assistant développé par une entreprise américaine peut donc utiliser cette technologie sans se connecter directement aux services de DeepSeek.
Cette souplesse explique pourquoi Washington vise aussi les logiciels tiers. Elle rend cependant les contrôles plus complexes, puisque l’origine d’un modèle n’est pas toujours visible pour l’utilisateur.