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REPORTAGE. "On ne prendra pas de risque" : après les pillages du 17 octobre, des magasins à Bordeaux rouvrent dans la crainte de nouvelles violences
Deux jours après avoir été saccagées en marge de la mobilisation du 17 octobre, les Galeries Lafayette de Bordeaux ont rouvert leurs portes lundi. Mais l'inquiétude demeure face à de nouvelles manifestations annoncées.
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Le cadre élégant et les jolis présentoirs feraient presque oublier les paravents noirs qui masquent les traces de ce qui s'est passé le 17 octobre. C'est l'une des images qui a marqué la soirée du samedi : celles des Galeries Lafayette de Bordeaux saccagées par des pillards. Elles ont pu rouvrir leurs portes lundi en début d'après midi, mais dans une ambiance assez particulière, alors que de nouveaux appels à manifester sont lancés.
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La directrice des Galeries Lafayette de Bordeaux, Isabelle Frigiotti, salue la mobilisation collective : "On a à peine eu le temps de demander de l'aide à nos équipes qu'elles ont répondu toutes présentes pour remonter et retaper ce magasin, malgré ce qu'elles ont, elles aussi, vécu. Ça redonne le sourire." Elles se sont retrouvées face à 250 casseurs, alors qu'une quinzaine d'agents de sécurité tentaient de faire face et qu'une centaine d'employés restaient confinés, dans l'attente de l'intervention de la police. "Ce qui fait peur, c'est qu'on ne sait pas où est-ce qu'ils vont s'arrêter. Est-ce qu'ils viennent pour piller ou en découdre avec des personnes qu'ils ne connaissent pas ?"
"Tant que l'on a des collaborateurs en magasin, On a peur qu'ils leur arrivent quelque chose."
"Chapeau ! Je suis admirative", confie une dame qui passe devant les Galeries. Lundi, les clients sont donc revenus, comme Christine et Françoise. "Il y a beaucoup de commerçants qui ont bossé pour remettre leur outil de travail en route", soulignent-elles.
Dans la rue la police patrouille à pied ou à cheval. "Comme en temps de guerre", s'exclame une femme. "Les deux petits qui sont derrière, je les ai vus là, ils sortaient des boutiques, assure un des employés. Vous voyez l'âge des jeunes, ils n'ont pas plus que 14 ans. Là, ils font le repérage pour samedi, pour les courses. Ils repèrent et après ils communiquent sur les réseaux pour savoir où ils vont aller. Je pense que samedi ça va être le gros bordel encore."
Sur les vitrines qui n'ont pas été brisées, des menuisiers sont en train de poser de grands panneaux de bois. Parce que la directrice des Galeries juge qu'elle n'a aucune visibilité sur la sortie de crise : "On anticipe peut-être pour rien, parce qu'encore une fois, on ne prendra pas de risque." Des agents de sécurité supplémentaire ont été recrutés pour surveiller le bâtiment jour et nuit. L'évaluation des dommages de samedi n'est même pas finie.
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