// LES NUMÉRIQUES — HARDWARE & GADGET
Actualité : Nvidia RTX Spark : que vaut la partie graphique de la puce qui veut révolutionner l’informatique, Nos résultats labo
Les PC portables équipés de la plateforme RTX Spark sont désormais disponibles. Nous poursuivons notre évaluation de la puce N1X, en nous attaquant cette fois-ci à son processeur graphique (GPU). Tests synthétiques, applicatifs ou encore gaming : nous avons tout passé au crible.
© Les Numériques - Jouer à Alan Wake 2 avec du Path Tracing, DLSS4 et Frame Generation sur portable débranché ? Oui c'est possible !
Après avoir détaillé l’architecture de la puce N1X dans un premier article, puis évalué les performances de son processeur (CPU) dans un second, ce troisième volet se consacre à la partie graphique. Pour l'occasion, nous avons éprouvé le GPU à travers nos benchmarks habituels, nos logiciels de création (3D, photo et vidéo) et l'intégralité de notre protocole de test dédié aux PC portables gamers.
Sans revenir en détail sur l'architecture globale, le point essentiel à retenir est que la puce N1X embarque 6 144 cœurs CUDA, un nombre identique à celui d'une GeForce RTX 5070 pour PC de bureau (et non sa version mobile). Nvidia a toutefois concédé deux compromis : la quantité de cache L2 est divisée par deux (24 Mo contre 48 Mo pour la RTX 5070 de bureau) et la bande passante de la mémoire unifiée est réduite (300 Go/s contre 672 Go/s).
En revanche, la N1X possède un avantage majeur face aux cartes dédiées traditionnelles : sa mémoire. La puce peut être configurée avec un accès allant jusqu'à 128 Go de mémoire unifiée, là où une RTX 5070 se contente de 12 Go de VRAM. Si cette quantité astronomique n’impacte pas les performances graphiques brutes, elle change la donne pour l'intelligence artificielle. Elle permet de stocker et d'exécuter localement de gigantesques modèles d’IA (comme des équivalents de ChatGPT), sans connexion internet ni abonnement, garantissant ainsi une confidentialité totale des données.
Nous vous rappelons que pour évaluer cette plateforme, Nvidia nous a fourni un PC portable Asus ProArt P16 équipé de cette puce N1X à 20 cœurs (6144 unités CUDA), le tout épaulé par 64 Go de mémoire vive. Nous avons activé le mode Performance (Fn+F) comme nous le faisons avec tous les PC portables gaming afin d'évaluer le plein potentiel de la puce.
Pour mesurer la puissance brute, nous nous sommes appuyés sur le test GPU de Geekbench 6.5. Habituellement, nous privilégions l’API la plus adaptée à chaque écosystème (Metal pour Apple, OpenCL pour AMD). Cependant, l'API CUDA de Nvidia n'étant supportée qu'à partir de Geekbench 7, la puce RTX Spark a dû se contenter d'OpenCL sur la version 6.5, ce qui nous permet tout de même de la comparer aux puces concurrentes.
Performances des GPU dans Geekbench 6.5 (Metal pour Apple, OpenCl pour les autres.)
Malgré cette contrainte, les 6 144 unités CUDA permettent à la RTX Spark de dépasser une GeForce RTX 5070 mobile (TGP 100W) d'environ 10 % sur le calcul GPGPU. Elle reste toutefois à distance de la puissante RTX 5080 du Razer Blade 16 (2026), qui la devance de 30 %. Face à la concurrence directe d’AMD et la partie graphique Radeon RX 8060S intégrée au Ryzen AI Max 395, la solution de Nvidia se montre écrasante, avec 61 % de performances supplémentaires.
Contre Apple, et malgré l'utilisation d'une API OpenCL non optimisée pour Nvidia, la N1X réussit l'exploit de surpasser la puce M5 Pro (qui tourne pourtant sous son API native Metal), mais reste logiquement distancée par le mastodonte M5 Max et ses 40 cœurs GPU. À titre indicatif, le passage à Geekbench 7 permet d'activer l'API maison CUDA. Le score bondit alors de 120 674 (OpenCL) à 190 079 points, soit un gain faramineux de 64 % !
Nos trois logiciels de référence (Blender, Photoshop et Premiere) permettent de jauger la puce en conditions réelles. Comme souligné lors de notre test CPU, l'écosystème Adobe reste globalement bien mieux optimisé sur Mac que sur Windows, même face à des GPU surpuissants.