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Boudées en Chine malgré Xpeng, les nouvelles électriques de Volkswagen pourraient finir en Europe
Il y a encore quelques années, les marques européennes cartonnaient en Chine. C’était notamment le cas des constructeurs allemands, tels que Volkswagen ou encore BMW et Mercedes. Mais tous ont subi de plein fouet l’offensive des marques chinoises, qui leur a fait perdre de très nombreuses parts de marché.
Les livraisons du groupe Volkswagen en Chine ont chuté de 36,6 % au deuxième trimestre 2026 sur un an, bien plus que le marché chinois, en recul d’environ 20 % selon le constructeur. Elles ont encore plongé de 38,5 % au troisième trimestre. Une enquête de Reuters publiée ce lundi 20 octobre montre que l’alliance nouée avec Xpeng pour inverser la tendance n’a, pour l’instant, pas tenu ses promesses.
Pour contrer ces difficultés, Volkswagen avait fait le choix en 2023 de nouer un partenariat stratégique avec Xpeng. Le but ? Profiter du savoir-faire de Xpeng en matière de voitures électriques, mais aussi de son expérience sur le marché chinois. Cette alliance a donné naissance à deux modèles, le SUV ID. Unyx 08 et la berline ID. Unyx 09. Volkswagen visait d’ailleurs haut, puisque ses documents internes, consultés par Reuters, tablaient sur 3 622 ventes mensuelles de l’Unyx 08 en Chine dès 2026.
Ce n’est pas la première alliance chinoise de Volkswagen : le groupe produit depuis des décennies dans le pays avec ses partenaires FAW et SAIC. D’autres constructeurs étrangers ont pris le même chemin, à l’image de Stellantis, qui s’est associé à Leapmotor en 2023. Volkswagen avait d’ailleurs lui aussi sondé ce constructeur la même année, selon deux sources de Reuters.
Mais trois ans après la signature avec Xpeng, le bilan est particulièrement décevant, comme le rapporte l’agence de presse Reuters. Entre son lancement en avril et la fin du mois d’août, l’ID. Unyx 08 ne s’est vendu qu’à 267 exemplaires par mois en moyenne en Chine, selon le cabinet ThinkerCar, soit à peine 7 % de l’objectif. Plus largement, Volkswagen perd beaucoup de terrain sur ce qui a longtemps été son marché le plus stratégique.
La Chine, qui a longtemps pesé près de 50 % des bénéfices du groupe, n’en représente plus qu’environ 10 % aujourd’hui. En 2019, Volkswagen Group China se disait capable de livrer 1,5 million de voitures électrifiées (100 % électriques et hybrides rechargeables) dans le pays en 2025. Le groupe n’y a finalement livré que 115 500 voitures 100 % électriques l’an dernier.
Selon l’association chinoise des constructeurs automobiles (CPCA), la part de marché du groupe Volkswagen en Chine est passée de 20 % en 2019 à 10 % sur les huit premiers mois de 2026. Comment expliquer un tel échec ? Il y a plusieurs raisons.
D’abord, le tarif. L’ID. Unyx 08 a été lancé en avril à environ 34 260 dollars (environ 30 500 euros). Au même prix, ses rivaux chinois offrent davantage de technologie, comme le Xiaomi YU7 et ses capteurs avancés ou le Zeekr 7X et sa recharge rapide. Entre avril et août, Xiaomi a vendu près de 57 000 YU7 et Zeekr plus de 21 000 7X, contre environ 1 300 Unyx 08, d’après ThinkerCar. Le tout dans un contexte de guerre des prix toujours très forte.
Volkswagen a d’ailleurs dû revoir sa copie. Depuis quelques semaines, le constructeur affiche l’Unyx 08 avec une remise de 17 % sur son prix de lancement d’avril. En interne, il avait déjà abaissé dès le début de l’année sa prévision de ventes pour 2026 de 32 600 à 12 300 exemplaires, soit plus de 60 % de moins, selon les documents consultés par Reuters.
Par ailleurs, les concurrents chinois sont également plus rapides pour dégainer de nouveaux modèles, plus modernes et avancés. Volkswagen peine donc à rivaliser, malgré un temps de développement raccourci. Volkswagen assure que la nouvelle architecture électrique développée avec Xpeng, qui doit servir de base à ses modèles fabriqués localement, a été conçue en 18 mois seulement, un record selon le constructeur.