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Actualité : Et si les smartphones les moins réparables se mettaient à coûter plus cher ?
Dans ses 40 mesures pour l’environnement en vue de 2027, l’association Halte à l’Obsolescence Programmé propose de frapper les produits les moins réparables d’une "taxe" les rendant moins attractifs à l’achat.
© Riccio da favola // Shutterstock - Et si on payait nos smartphones avec le prix de leurs réparations en tête ?
Comment encourager les constructeurs à sortir des produits plus réparables ? En faisant en sorte que ceux qui ne le sont pas soient tout simplement plus chers que les autres. C’est l’idée défendue par l’association Halte à l’Obsolescence Programmée (HOP) dans un récent livre blanc à destination des "des décideur·ses politiques" qui se positionne pour l’élection de 2027.
Au milieu de 39 autres mesures plus ou moins ambitieuses, le collectif de défense des consommateurs et consommatrices appelle à "faire des écomodulations un outil incitatif efficace", c’est-à-dire à être moins tolérant avec les constructeurs qui ne font pas d’effort sur la réparabilité.
Ainsi, un smartphone avec une note de réparabilité ou de durabilité en dessous d’un certain seuil pourrait être pénalisé et frappé d’une "taxe" supplémentaire le rendant moins attractif à l’achat. Si le critère de la réparabilité est déjà assez haut dans les préoccupations d’achat et qu’un tiers des Françaises et des Français affirment le prendre en compte les indices au moment de leurs achats, cela permettrait de frapper directement les constructeurs au portefeuille en les forçant à augmenter leurs prix ou à absorber le surcoût.
L’idée est techniquement déjà en place. La responsabilité élargie du producteur (REP) permet en effet aux écoorganismes de distribuer des bonus ou des malus aux produits les plus vertueux. Mais de l’avis de HOP, "les pénalités restent trop peu mobilisées" et "les modulations apparaissent davantage comme un outil de valorisation des bonnes pratiques que comme un véritable levier de responsabilisation des producteurs mettant sur le marché des produits peu durables ou rapidement obsolètes".
Rien n’empêche donc les pouvoirs publics de s’emparer de l’idée et de la mettre en place rapidement afin de continuer à promouvoir la réparabilité et la durabilité au-delà des simples logos affichés à côté du prix des smartphones.
Toujours sur le critère économique, HOP propose également de mettre en place un "coût total de possession" à côté du coût réel de nos objets. Un peu comme le prix au kilo dans les supermarchés, ce prix symbolique incorporerait "l’ensemble des coûts supportés par le ou la consommateur·ice pendant la durée de vie d’un produit, en tenant compte d’éventuelles réparations, de la consommation de ressources en eau et en électricité qu’il implique et d’un éventuel remplacement anticipé".
Ce dernier pourrait donc fluctuer selon le coût des pièces détachées, la politique de garantie du constructeur, le coût de la main-d’œuvre indexé sur la facilité de réparation de l’appareil, etc., etc. Là aussi, le but serait de mettre en avant les produits les plus vertueux et de se rendre compte de ce que coûte vraiment un téléphone, mais aussi, pourquoi pas, une voiture, un mixeur ou un vélo électrique.
Enfin, toujours sur le sujet de la réparabilité, l’association propose aussi d’interdire tout simplement la commercialisation de produits ayant un indice en dessous de 2/10. Histoire de ne pas pousser les constructeurs à tricher sur leur note, cela devrait s’accompagner d’un renforcement des moyens de contrôle de la DGCCRF.