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Actualité : Notre avis sur GoogleBook OS : l'ambition d'un PC, les frustrations d'un grand smartphone
Attendu au tournant, GoogleBook OS tente de transformer l'essai du PC sous Android. S'il excelle en bureautique, le système souffre d'un cruel manque de finition et d'incompatibilités majeures. Un pari tarifaire risqué face au roi MacBook Air.
© Les Numériques - Interface principale de GoogleBook OS.
Nous avons pu éprouver GoogleBook OS en conditions réellessur un Asus Googlebook 14, couplé à un Pixel 10, lors de notre récent voyage de presse à San Francisco pour le lancement des RTX Spark. Pendant plusieurs jours, cette machine est devenue notre outil de travail principal pour couvrir l'événement. Si sur le papier, la promesse de Google d'offrir une expérience unifiée et fluide est séduisante pour les habitués de l'écosystème, la réalité s'est révélée nettement plus nuancée une fois les mains posées sur le clavier.
En pratique, GoogleBook OS offre la possibilité de faire à peu près la même chose que sur un smartphone Android, mais avec une surface d'affichage décuplée. Malgré le badge prometteur "Conçu pour les ordinateurs", les applications de création (photo, montage vidéo) disponibles sur le Play Store ne sont que de simples portages. L'interface est plus vaste, mais les fonctionnalités restent strictement identiques à celles de nos téléphones.
Deux badges permettent d'identifier les applications conçues pour GoogleBook et celles compatibles.
Ce constat s'accompagne d'un ressenti global décevant : le système manque cruellement de finition. On retrouve par exemple les boîtes de dialogue d'Android qui ne sont absolument pas adaptées à un affichage en mode paysage. L'ergonomie au clavier et à la souris est souvent laborieuse : le clic droit refuse tout bonnement de fonctionner dans certains cas (obligeant à recourir à un "double tap" tactile pour s'en sortir), déplacer des fichiers d’un dossier à un autre peut-être une véritable gageure. Quant au fait de secouer le pointeur pour faire apparaître Gemini, cela tient plus de l'astuce pratique — équivalente à un appui long sur le bas de l'écran d'un smartphone — que d'une véritable révolution des usages.
Un secouage de pointeur et voilà Gemini qui débarque, c'est comme frotter la lampe d'Aladin.
L'un des gros points noirs réside dans l'architecture même de certaines machines. Comme nous le craignions dans nos précédents articles, les versions équipées de processeurs Intel se heurtent au mur de l'architecture x86. Cette dernière nécessite dans de nombreux cas une émulation pour faire tourner des applications pensées pour ARM, entraînant des baisses de performances palpables, voire des incompatibilités totales avec une partie du catalogue Play Store.
Les fonctionnalités d'écosystème, censées lier le smartphone au PC, peinent également à convaincre. Le mode "continuité", pensé pour commencer une tâche sur son téléphone et la terminer sur le GoogleBook, se révèle capricieux et compatible avec un nombre bien trop restreint d'applications et de téléphones puisqu'il faut Android 17. Le mode mirroring, qui permet d'afficher l'écran de son smartphone, n'offre qu'un flux vidéo de qualité moyenne. Pire encore, il se casse les dents sur les applications "sécurisées" : les applications bancaires, les plateformes de streaming ou les gestionnaires de mots de passe refusent tout simplement de s'afficher. C'est compréhensible d'un point de vue sécuritaire, mais terriblement frustrant à l'usage.
Pourtant, tout n'est pas à jeter. GoogleBook OS brille par sa réactivité et s'avère très agréable à utiliser dès lors qu'on se cantonne à la bureautique classique, sans création de contenu. Pour rédiger et éditer nos articles, effectuer notre veille, ou échanger sur Discord avec nos collègues, l'expérience a été sans accroc. Si certains confrères ont remonté des soucis avec Slack (que nous n'utilisons pas), nous avons pour notre part retrouvé nos fichiers de la suite Google avec aisance. Étant donné que nous travaillons à 90 % directement dans Chrome, la machine répond parfaitement aux besoins quo