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Actualité : Des puces IA Nvidia Blackwell Ultra B300 illégales ont été découvertes dans les locaux d'un opérateur géré par le gouvernement chinois
Des Nvidia Blackwell Ultra B300, pourtant interdites à l’exportation vers la Chine, ont été repérées sur le réseau de China Telecom, un opérateur contrôlé par le gouvernement chinois. Plus exactement, on parle de 32 puces. Une question se pose désormais : comment du matériel sous embargo arrive-t-il encore jusqu’en Chine ?
Lava, entreprise israélienne de cybersécurité, a repéré ces 32 Nvidia Blackwell Ultra B300 grâce à DCGM Exporter. Il s’agit d’un outil Nvidia installé dans les centres de données pour surveiller l’état des puces. Et parmi ces installations, certaines exposent ces informations en ligne sans aucun mot de passe.
Lava a donc identifié le modèle exact et les identifiants du matériel rattaché au réseau de China Telecom. En revanche, on ne sait pas exactement où se trouvent physiquement les serveurs. Rappelons que la Nvidia Blackwell Ultra B300 est une puce conçue pour entraîner et faire tourner les gros modèles d’IA.
On parle de 50 % de mémoire en plus que son prédécesseur, le B200, et des calculs très lourds supportés. Les États-Unis interdisent son exportation vers la Chine pour empêcher le pays de profiter des technologies de pointe autour de l’IA. Les acheteurs autorisés hors de Chine acceptent aussi la condition de ne pas transférer ce matériel vers les clients soumis à ces restrictions.
China Telecom n’est pas n’importe qui puisqu’il s’agit d’une entreprise d’État chinoise qui occupe une place centrale dans l’infrastructure numérique du pays. En juin 2026, Pékin préparait un plan d’environ 2 000 milliards de yuans pour développer ces centres de données, soit environ 268 milliards d’euros. China Telecom et China Mobile figurent parmi les entreprises publiques qui exploiteront une grande partie de cette future capacité.
Bref, la puce Nvidia Blackwell Ultra B300 circule toujours plus dans les filières clandestines. En août dernier, la justice taïwanaise a inculpé neuf personnes dans une affaire autour de serveurs équipés de la Nvidia Blackwell Ultra B300. Plusieurs de ces puces ont atteint la Chine en étant expédiées depuis le Japon, l’Indonésie et Hong Kong.
La pénurie crée aussi un marché extrêmement rentable. Un serveur équipé de huit Nvidia Blackwell Ultra B300 coûte près de 7 millions de yuans en Chine, soit environ 940 000 €. On parle donc de deux fois son prix par rapport aux États-Unis. L’écart de prix motive donc les circuits de contrebande.
Ce mois-ci, une autre enquête a montré qu’une entreprise financée par plusieurs autorités locales chinoises a acheté des serveurs équipés de puces Nvidia Blackwell Ultra B300. Mais alors, qu’en pense Nvidia ? Surprenamment, la société minimise l’ampleur du phénomène.
Elle estime que ces détournements représentent "moins d’un demi-pourcent" et parle d’une "goutte d’eau". Nvidia explique que les puces en cause dans plusieurs affaires judiciaires ne sont pas si nombreuses par rapport à toutes celles en circulation. Mais là, on parle quand même d’une entreprise publique soutenue par l’État chinois, ce qui rend le dossier un chouia plus sensible.
Nvidia représente 34 % du marché chinois des puces pour les centres de données dédiés à l’IA. Si Huawei est en forte progression, les développeurs chinois privilégient toujours les puces de l’entreprise étasunienne pour entraîner leurs modèles avancés.