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Actualité : “Si ça marche, c’est incroyable” : un patient que les antibiotiques ne soignaient plus a reçu le tout premier virus conçu par IA
Aucun virus connu ne venait à bout de la bactérie qui rongeait ce patient. Alors une start-up de San Francisco en a fait dessiner un par son intelligence artificielle, l’a fabriqué en laboratoire, et un médecin le lui a injecté. Première mondiale revendiquée le 20 octobre, sans étude évaluée par les pairs, sans nom d’hôpital, et sans un mot sur ce qu’est devenu l’homme qui l’a reçu.
© Capture YouTube, Radical Numerics. - La protéine par laquelle le virus agrippe la bactérie, redessinée à l’écran. Du patient qui l’a reçue, l’entreprise ne dira rien.
Les bactériophages sont des virus qui ne dévorent que des bactéries et ignorent les cellules humaines. On les emploie depuis un siècle contre les infections rebelles, à condition de dénicher celui qui reconnaîtra précisément la souche installée chez le malade. Cette chasse prend des semaines, parfois des mois, un délai que certains patients n'ont pas. Le 20 octobre 2026, Radical Numerics a publié un rapport technique affirmant avoir raccourci la loterie : une IA a dessiné les virus, un laboratoire les a fabriqués, un médecin les a injectés.
Aucun phage naturel testé ne mordait sur la souche du malade, explique l'entreprise. Son équipe est donc partie du T7, phage d'Escherichia coli documenté depuis 1945, et a confié à son modèle Omnii-1 la réécriture du gène gp17, la fibre caudale qui agrippe la surface bactérienne. Avec 11 à 15 substitutions d'acides aminés, 69,9 % des variantes proposées ont donné un virus viable, contre 4,8 % pour des mutations aléatoires. Sur 6 694 variantes actives mesurées, 2 161 surpassaient le phage d'origine. Le cocktail retenu a anéanti l'isolat du patient en éprouvette avant d'être administré sous régime d'usage compassionnel, sous responsabilité médicale.
Les fondateurs de la jeune pousse viennent de l'équipe Evo, celle qui avait déjà fait naître des virus absents de la nature, travaux parus dans Science en août 2026.
Introducing Omnii-1, our most powerful genome language model, and a major step toward general biological intelligenceIn a world first, Omnii-1 designed the first AI-generated bacteriophages to be administered to a human patient with an antibiotic-resistant infection under… pic.twitter.com/3Bc1sjr9Qt
Radical Numerics refuse de dire si le malade va mieux, invoquant sa confidentialité, et a décliné auprès du New York Times toute précision sur l'hôpital ou les praticiens, au nom du caractère propriétaire d'une thérapie qu'elle compte commercialiser. Michael Baym, microbiologiste à Harvard étranger au projet, réserve son jugement tant qu'on ne pourra pas mesurer à quel point ces virus sont réellement inédits.
Ces thérapies expérimentales n'ont pas été approuvées par les autorités réglementaires pour un usage clinique élargi, et les observations tirées d'un seul patient ne peuvent établir ni une sécurité ni une efficacité générales.
Launching Omnii-1, our most powerful genome language model yet. https://t.co/gdHAEnrES9
L'enjeu, lui, est massif : l'antibiorésistance a directement causé 1,14 million de décès en 2021 et devrait en provoquer 39,1 millions entre 2025 et 2050. La médecine dessinée par algorithme avance par petites percées de ce genre : un vaccin conçu par IA a déjà été administré à 39 personnes. Reste à savoir laquelle tiendra ses promesses une fois les données publiées.