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Actualité : Missions habitées vers Mars : la poussière, ce danger majeur anticipé par le rover Perseverance de la NASA
L'humanité ambitionne de conquérir un jour la planète rouge. Pourtant, un ennemi aussi discret que redoutable se dresse sur le chemin des futurs explorateurs : la poussière martienne. Actuellement sur le terrain, le rover Perseverance fournit à la NASA des données cruciales pour concevoir et protéger les futures combinaisons et les habitats spatiaux.
© NASA - Le rover Perseverance de la NASA photgraphie ses propres traces sur la sol poussiéreux de Mars
Marcher sur la planète Mars constitue un défi encore plus colossal pour notre époque que ne le fut la conquête de la Lune à la fin des années 1960. Le challenge s'annonce presque impossible, tant les obstacles techniques et biologiques à surmonter s'avèrent titanesques.
La NASA, titillée par Elon Musk, croit toutefois dur comme fer à ce voyage habité et s'emploie à lever les barrières l'une après l'autre. Après les récentes annonces concernant un démonstrateur de vaisseau à propulsion nucléaire prévu pour 2028, l'agence spatiale étasunienne s'attaque aujourd'hui à un problème très concret : la survie des futurs “marswalkers”. Celles et ceux qui, à leurs risques et périls, fouleront le sol de notre voisine devront en effet affronter une menace littéralement invisible.
Néanmoins, “la NASA a une longue expérience dans la transformation de défis en solutions concrètes, ainsi que dans la recherche de moyens créatifs d’exploiter les données dont elle dispose”, rappelle Lindsay Hays, directrice par intérim de la Division des sciences planétaires au siège de l’agence spatiale à Washington.
Cette image composite montre l'emplacement, sur le rover Perseverance de la NASA, de la cible d'étalonnage pour l'instrument SHERLOC.
En première ligne depuis février 2021, le rover Perseverance a ausculté, mesuré et analysé la fine, voire ultrafine poussière omniprésente à la surface de Mars, celle-là même qui se soulève lors des gigantesques tempêtes balayant la planète tous les deux ans. L'astromobile embarque ainsi des échantillons de matériaux destinés aux futures combinaisons spatiales afin d'observer comment ce régolithe s'y accroche. L'enjeu est vital : certains grains s'avèrent assez fins pour s'infiltrer jusque dans les poumons et la circulation sanguine des futurs astronautes.
“Le travail principal de Perseverance est de rechercher des signes de vie microbienne ancienne, mais la mission a aussi été conçue pour aider à se préparer aux explorations humaines, détaille Katie Stack Morgan, scientifique rattachée au projet Perseverance au Jet Propulsion Laboratory. Cet effort comprend des démonstrations technologiques comme MOXIE (Mars Oxygen In-Situ Resource Utilization Experiment) et Ingenuity, ainsi que des échantillons de combinaisons spatiales.”
Les relevés approfondis de l'instrument PIXL démontrent que ce régolithe martien est beaucoup plus fin que prévu, se distinguant nettement de la poussière recouvrant le sol gris de la Lune. Si cette roche concassée se révèle globalement moins abrasive sur Mars, Perseverance a identifié deux catégories de particules d'une finesse inouïe, allant de 2,5 micromètres à 100 nanomètres, soit 700 fois moins que l'épaisseur d'un cheveu.
Pour Scott Van Bommel, chercheur travaillant sur la mission Perseverance, le problème est de taille : “Les amas plus volumineux, sortes de ‘moutons’ de poussière martienne, finissent par se détacher avec le temps. Mais les particules les plus fines, elles, restent sur place ; ce sont précisément celles qui posent le plus grand défi aux systèmes de soutien à la vie humaine.”