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"Ali Rabeh aura un rôle à jouer dans la campagne" : comment le maire de Trappes est devenu une figure de la gauche contre le RN
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Depuis l'attentat raciste qui a frappé sa ville, Ali Rabeh monte au front médiatique pour représenter les habitants de Trappes et contrer les discours d'extrême droite. "Sa parole est importante", juge-t-on à gauche.
Il sera au premier rang, ceint de son écharpe tricolore, lors du rassemblement organisé vendredi 30 octobre à Trappes en hommage aux victimes de l'attentat raciste. Puis Ali Rabeh prononcera un discours et endossera une nouvelle fois le costume de porte-parole de ses administrés face au traumatisme. Depuis une semaine, le maire de cette commune des Yvelines est omniprésent dans les médias. "Je ne souhaite pas être particulièrement dans la lumière. Je préfère rester dans l'intimité de ma ville", confie-t-il pourtant.
"Mais ce sont les circonstances qui m'obligent pour représenter les habitants de Trappes."
Le soir de l'attentat, l'élu s'exprime depuis sa mairie. "Les discours qui consistent – que l'on soit ministre, candidat à la présidentielle, député – à expliquer que tous les maux de cette société sont la responsabilité des arabo-musulmans (...) font des morts aujourd'hui", affirme-t-il. Dès le lendemain, il participe à la manifestation organisée par des forces de gauche en marge du congrès du Rassemblement national à Orléans (Loiret). Ali Rabeh multiplie les interviews comme celle publiée par Le Monde dimanche, dans laquelle il déplore que les discours d'extrême droite aient fini "par pénétrer l'inconscient collectif". Mardi, il est à l'Assemblée nationale où, assis dans les tribunes, il assiste à la séance des questions au gouvernement au cours de laquelle il est applaudi par les bancs de la gauche.
Voilà le maire de Trappes propulsé en figure de proue du combat contre le RN. "Il a de fait pris la place d'une sorte de lanceur d'alerte démocratique par les mots très forts qu'il a employés", estime Benjamin Lucas-Lundy, député des Yvelines, membre, comme lui, du petit parti politique de gauche Génération·s.
Une forme de retour aux sources pour celui dont le premier engagement politique remonte à 2002, et à sa participation aux manifestations contre la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour de l'élection présidentielle. Un déclic. Il adhère ensuite au syndicat étudiant Unef, classé à gauche, avant de rejoindre le Parti socialiste où il est repéré par Benoît Hamon. Il progresse dans le sillage du candidat à l'élection présidentielle de 2017.
Ali Rabeh commence à militer à Poissy, où il a grandi avec ses parents. Il en devient conseiller municipal en 2008. Mais c'est dans une autre ville des Yvelines que va se sceller son destin politique. "En 2011, j'étais le directeur de campagne de Benoît Hamon qui était candidat dans la circonscription de Trappes pour les législatives. J'apprends à connaître la ville. J'en tombe amoureux et m'y installe", raconte-t-il.
En 2014, il rejoint l'équipe municipale du maire socialiste Guy Malandain contre lequel il se présente six ans plus tard, avec succès. Ali Rabeh est élu maire de Trappes dans le cadre d'une triangulaire avec un peu plus de 40% des suffrages à 161 voix près. Mais cette élection est annulée par la justice qui lui reproche d'avoir distribué, en pleine pandémie, 15 000 masques accompagnés pour certains de sa photo, sans que cette action ait été déclarée dans ses comptes de campagne, considérant que ces masques constituaient un matériel de propagande électoral.
Il n'est pas sanctionné par les électeurs lors du scrutin partiel organisé en octobre 2021. Il est même élu dès le premier tour avec 58% des voix. Les élections de mars 2026 confirment son ancrage local : il est réélu avec 55% des voix dès le premier tour. Pour ses partisans, c'est le résultat de son travail de terrain et de son engagement auprès des habitants ; pour ses détracteurs, c'est le signe de sa tolérance vis-à-vis des associations islamistes.