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Intel perd près d’un quart de sa valeur en Bourse, plombé par le ralentissement des PC
Des ordinateurs plus chers, des ventes qui ralentissent et une pénurie de mémoire qui s’installe : le marché du PC traverse une mauvaise passe. Intel prévient que les difficultés pourraient se prolonger en 2027.
Le processeur ne fait pas tout. Pour vendre un ordinateur, il faut aussi pouvoir l’équiper en mémoire à un prix acceptable. C’est précisément là que le marché se grippe : les composants deviennent plus chers, les machines aussi, et les acheteurs se montrent moins pressés de renouveler leur équipement. Cette situation frappe directement Intel. Après la publication de ses résultats, jeudi 29 octobre, son action a plongé de plus de 20 % dans les échanges suivant la clôture de la Bourse américaine. Les investisseurs s’inquiètent surtout des prochains mois, alors que le fabricant prévoit un ralentissement durable du marché du PC.
Selon Lip-Bu Tan, le patron d’Intel, le ralentissement s’est accentué au cours des deux derniers mois. Face à des ventes moins dynamiques, les constructeurs cherchent à écouler les ordinateurs qu’ils ont déjà en stock et réduisent leurs commandes. Pour Intel, la conséquence est immédiate : moins de machines à assembler signifie aussi moins de processeurs à vendre. Le groupe anticipe un recul du marché du PC d’environ 12 % en 2026, puis de 10 % supplémentaires en 2027.
Le contraste est d’autant plus marqué que ses derniers résultats sont en progression. Intel a réalisé 16,5 milliards de dollars de chiffre d’affaires au troisième trimestre, soit 21 % de plus qu’un an auparavant. Mais cette croissance masque deux situations très différentes : son activité liée aux PC recule, tandis que celle des centres de données et de l’IA progresse fortement.
Le problème ne vient donc pas uniquement des processeurs. La mémoire est indispensable au fonctionnement d’un ordinateur, et son prix entre directement dans le coût de fabrication d’une machine. Lorsqu’elle devient plus rare et plus chère, toute la chaîne en ressent les effets.
Pour l’acheteur, cela se traduit par des tarifs moins attractifs. Pour les fabricants de PC, il devient plus difficile de proposer des machines abordables tout en préservant leurs marges. Et pour Intel, la baisse des commandes finit par se répercuter sur les ventes de puces. Le fabricant ne prévoit pas de retour rapide à la normale : il s’attend à ce que le ralentissement du PC dure au moins jusqu’au premier semestre 2027.
À l’inverse, les processeurs destinés aux serveurs suscitent une forte demande. Ces machines font fonctionner les services en ligne et une partie des applications d’intelligence artificielle. Leur rôle prend notamment de l’importance avec les assistants capables d’enchaîner plusieurs tâches, qui mobilisent différentes ressources informatiques. Intel réoriente donc une partie de sa production de puces pour PC vers les centres de données. Mais le groupe rencontre ici le problème opposé : il ne parvient pas à fabriquer suffisamment de processeurs pour satisfaire tous ses clients.
La situation est délicate pour le fabricant : les commandes ralentissent sur son marché historique, tandis que ses capacités de production limitent sa progression sur celui qui accélère. Pour les acheteurs de PC, le point à surveiller reste surtout l’évolution du prix de la mémoire. Tant que cette tension persiste, elle continue de peser sur le prix des machines et sur leur renouvellement.