// FUTURA SCIENCES — SPAZIO & SCIENZA
Tribune : l’analogique et les temps longs : une célébration punk contemporaine
La Lune s'impose aujourd'hui comme l'enjeu central d'une nouvelle compétition spatiale mondiale. Mais derrière les annonces enthousiastes et les promesses d'une installation durable, quelle est la réalité ? James David Carpenter, responsable du Bureau des sciences lunaires à l'Agence spatiale européenne, livre un regard lucide et sans concession : les ressources lunaires restent à démontrer, l'autonomie européenne reste à construire, et la course à la Lune est avant tout une question de constance politique autant que scientifique.... Lire la suite
Que se passe-t-il réellement à bord d’une capsule spatiale pendant qu’elle voyage autour de la Lune avant de revenir sur Terre ? La Nasa vient de publier les images, les voix et les notes d’Artemis II. Et les astronautes y racontent une Lune bien plus inhabituelle que le laissent penser les images que l’on connait de notre satellite.... Lire la suite
La future mission lunaire Artemis, dont le départ est planifié pour 2027, déposera sur la Lune 24 disques de saphir conçus pour résister des milliers, voire des millions d’années. Ils contiennent ce que l’humanité est, ce qu’elle sait et ce qu’elle a créé pour laisser un héritage aux générations futures.
Lorsque dans les années 1970, une entreprise française de Créteil, Pyral, fournit des disques 33 tours master en cuivre à un laboratoire de Californie, elle ne se doute pas que deux d’entre eux seront attachés à certains des plus beaux engins jamais créés : les Voyager.
Les deux sondes interplanétaires partent en août et septembre 1977. Elles visiteront les « géantes gazeuses » que sont Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune. C’est la première fois qu’un tel concentré de technologie est envoyé au plus près de ces planètes largement méconnues. Au voisinage de chacune d’elles, les sondes gagnent en vitesse, jusqu’à les faire quitter, à terme, le Système solaire.
Dans les sillons des matrices des disques : du Bach, Mozart, Beethoven, de la flûte japonaise, des chants d’initiation pygmées, des chants polyphoniques géorgiens… Pour la francophonie, la mission française de l’ONU décide de déclamer « Élévation », le poème de Charles Baudelaire. Les images encodées dans les sillons : une centaine de photographies principalement issues de la photothèque des Nations unies. Les images ont un côté délicieusement suranné, couleurs délavées, coupes de cheveux improbables et cols « pelle à tarte ». Le tout concentré dans des « Golden Records ».
L’ouvrage qui conte la genèse de ce projet fut mon livre de chevet pendant longtemps. L’histoire derrière la création des disques, le choix des contenus, la course pour les graver et les installer sur les sondes, vous émerveillent. Les Golden Records constituent les plus belles des bouteilles jetées à la mer, racontées par l’astrophysicien Carl Sagan.
De ma formation d’ingénieur, j’ai conservé une passion jamais rassasiée pour l’exploration spatiale. Du journalisme ensuite, un amour des histoires hors du commun, fouillées, denses, riches, singulières et émouvantes. Ces histoires peuvent changer des parcours, des rêves, des vies.
Il y a quelques années, je fonde Sanctuary, une initiative visant à poser sur la surface de la Lune une capsule temporelle. Contrairement aux Golden Records, elle vise moins à communiquer avec une potentielle intelligence E.T., mais avec nos descendants dans un très lointain futur.
La Lune s'impose aujourd'hui comme l'enjeu central d'une nouvelle compétition spatiale mondiale. Mais derrière les annonces enthousiastes et les promesses d'une installation durable, quelle est la réalité ? James David Carpenter, responsable du Bureau des sciences lunaires à l'Agence spatiale européenne, livre un regard lucide et sans concession : les ressources lunaires restent à démontrer, l'autonomie européenne reste à construire, et la course à la Lune est avant tout une question de constance politique autant que scientifique.... Lire la suite