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Le Français Thales va aider l'US Navy à chasser les mines sous-marines à distance, grâce à l'IA
La marine américaine a choisi Thales pour moderniser sa lutte contre les mines sous-marines. Via sa filiale AAC, le groupe français fournira deux modules alliant sonar et intelligence artificielle, dans le cadre d’un contrat pouvant approcher 200 millions de dollars.
Thales a annoncé, lundi 2 novembre, avoir remporté un contrat de l’US Navy pour la fourniture de deux modules de chasse aux mines à distance. C’est sa filiale américaine Advanced Acoustic Concepts (AAC) qui assurera leur production, ainsi que le soutien en ingénierie associé. Le montant initial du contrat, 53,9 millions de dollars, pourrait nettement grimper, jusqu'à quadrupler, si la marine américaine décide de commander des modules supplémentaires. Au programme, on retrouve un sonar à l'œil affûté et une IA chargée de faire le tri. Voilà qui mérite quelques détails et explications.
Une mine marine, c'est une charge explosive tapie au fond de l'eau ou entre deux eaux, qui attend le passage d'un navire. C'est peu spectaculaire vu depuis la surface, mais redoutablement efficace. Et ces menaces restent un vrai casse-tête pour les flottes militaires, comme on a pu le voir récemment avec l'émergence du conflit au Moyen-Orient, car elles peuvent entraver à elles seules la liberté de mouvement d'une force navale. Pour y répondre, l'US Navy suit une doctrine, « Find, Fix and Finish », qui consiste à trouver l'engin, le localiser précisément, puis le neutraliser.
Le principe des modules de Thales sollicités par la Marine américaine est relativement simple à comprendre. Il s'agit de détecter, situer et classifier les mines en restant à bonne distance. C'est un atout précieux dans les zones maritimes contestées, où chaque mètre d'écart avec la menace compte. La pièce maîtresse est un sonar à synthèse d'ouverture remorqué derrière le navire. Il combine une série de mesures prises au fil de son déplacement pour reconstituer une image très détaillée des fonds. Sa version multivue examine en prime chaque objet sous plusieurs angles, ce qui limite les fausses alertes.
Il faut ensuite savoir exploiter cette masse d'images. C'est là qu'interviennent des algorithmes de reconnaissance automatique de cibles, forcément dopés à l'intelligence artificielle. Ils aident les marins à classer, cartographier et gérer les objets détectés, pour distinguer plus vite le caillou suspect d'une véritable menace, avec une meilleure certitude. L'ensemble repose sur un logiciel de gestion de mission et des technologies de véhicules téléopérés. Voilà qui aide à suivre des besoins en guerre des mines qui évoluent vite. La France, qui il y a quelques jours a déclenché un premier essai de choc par explosion sous-marine sur la coque de l'ex-frégate anti-sous-marine Latouche-Trévill au large de Toulon, travaille aussi activement à mieux se protéger.
Concernant l'accord conclu en faveur de Thales, l'US Navy s'engage d'abord sur 53,9 millions de dollars. C'est la « tranche ferme », qui couvre la production des deux modules et le soutien en ingénierie associé. Le contrat prévoit aussi des options, des commandes supplémentaires que la marine peut déclencher si elle le souhaite. Si elle les active toutes, la facture cumulée grimperait à environ 196,2 millions de dollars, donc environ 175 millions d'euros.
Le contrat passe par une porte américaine, à savoir Advanced Acoustic Concepts, une entreprise filiale de l'entreprise française, basée aux États-Unis et spécialisée dans la lutte sous la mer, en plus d'être déjà rodée aux programmes de l'US Navy. Mike Carnovale, le président d'AAC, présente le programme comme la réunion des technologies de guerre des mines les plus avancées du groupe.
Pour Rob Geckle, PDG de Thales North America, contrer les mines reste fondamental pour la sécurité maritime et le succès des missions navales. Selon lui, le programme renforcera la disponibilité de la flotte. Les modules pourront équiper aussi bien des navires avec équipage que des bateaux de surface sans équipage, signe q