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Actualité : Pour contourner les sanctions et utiliser 8 000 puces IA Nvidia Blackwell, la Chine compte sur une faille européenne qui lui donnera accès à la puissance de centres de données installés en Europe
Face aux États-Unis qui lui interdisent d’importer des puces Nvidia Blackwell, la Chine a une parade et tout se déroule en Europe. L’entreprise chinoise Moonshot AI chercherait à louer la puissance des centres de données européens pour son modèle Kimi. Plus exactement, on parle de 8 000 de ces puces Nvidia Blackwell. Le montage de Moonshot AI utiliserait donc une faille à exploiter en Europe.
Pour rappel, la société a secoué le marché avec Kimi K3, son modèle ouvert de 2 800 milliards de paramètres et des performances proches des meilleures IA étatsuniennes. La demande fut si forte que Moonshot AI a mis en pause les nouveaux abonnements. "Nos GPU le ressentent", expliquait alors l’entreprise.
C’est le mois dernier que Moonshot AI a lancé Kimi K3.1 Pro avec de meilleurs résultats en termes de code, de finance et de création 3D. Forcément, la progression demande toujours plus de puces haut de gamme et dans cette catégorie, ce sont les Nvidia Blackwell qui dominent le marché.
Sauf que voilà, les États-Unis interdisent leur exportation en Chine même s’il existe des marchés parallèles. Et justement, le plan européen de Moonshot AI permettrait d’éviter les sanctions des États-Unis qui cherche à freiner la progression des IA chinoises.
Alimenter ces modèles avec des centres de données situés en Europe et dotés de puces Nvidia Blackwell est donc la parade idéale puisqu’elles restent en dehors de Chine. En gros, une location de la puissance à distance auprès d’entreprises non chinoises qui ont le droit d’acheter ces processeurs haut de gamme dédiés à l’IA. Kimi utiliserait alors des puces interdites à l’importation en Chine sans même qu’elles ne franchissent ses frontières.
Selon des sources proches du dossier, les discussions se concentrent autour de la capacité qu’il faudrait pour que Kimi soit alimenté et réponde aux utilisateurs. Selon l’une des sources, Moonshot AI serait aussi "très agressif" dans sa recherche de puissance.
Washington accuse justement Moonshot AI d’utiliser des puces Nvidia Blackwell en Asie, notamment en Thaïlande. Selon Reuters, Moonshot AI aurait aussi accès à environ 20 000 puces Nvidia d’ancienne génération grâce à un accord avec Alibaba. Mais désormais, pour son modèle Kimi, la société chinoise a urgemment besoin de ces Nvidia Blackwell. Et pour ce faire, quoi de mieux que d’exploiter une faille aussi évidente ?
Pour réduire les risques, Nvidia demande à ses partenaires de centres de données à ce qu'au moins 51 % des clients pour de nouveaux contrats ne soient pas des entreprises chinoises. Les fournisseurs qui tirent une grande partie de leurs revenus via la demande chinoise chercheront donc bien plus de clients ailleurs pour les futurs accords.
Quant aux autorités des États-Unis, cette faille est connue. En janvier 2026, la Chambre basse du Congrès a adopté le Remote Access Security Act par 369 voix contre 22. Il s'agit d'un texte qui permettrait d'étendre les contrôles à l'accès via Internet ou le cloud à du matériel soumis aux restrictions. Pour le moment, le projet n'a pas franchi le Sénat.
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