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Actualité : Streaming de foot illégal : 11 pirates condamnés jusqu’à un an de prison ferme
Un micro, un salaire confortable et des centaines de milliers de spectateurs chaque jour. Une poignée de commentateurs faisaient vibrer la Premier League et la Ligue des champions sur un site pirate bourré de publicités pour les paris en ligne. Le tribunal vient de rendre son verdict, et il frappe bien au-delà des patrons du réseau.
© tsyhun - Regarder un match sur un service pirate expose aussi les abonnés français à des sanctions.
Fin octobre, le tribunal populaire de Bắc Ninh, dans le nord du Vietnam, a jugé les 14 membres de l'équipe derrière Bún Chả TV, un site de streaming de football illégal commenté en vietnamien. Onze d'entre eux prennent de la prison ferme, de huit à douze mois. Trois sont des commentateurs. L'un d'eux, Đinh Thọ Bình, écope d'un an, autant que les responsables du contenu, de la programmation et de l'exploitation. Trois autres voix du site repartent avec dix mois de prison avec sursis. Les 14 prévenus ont reconnu les faits, selon le quotidien VTC News.
Derrière l'écran, Bún Chả TV tournait comme une société clandestine, avec des équipes dédiées à la programmation, aux commentaires, au référencement et à la comptabilité. Plus de 150 000 rencontres sportives y ont été diffusées.
L'argent venait des bannières de sites de jeux illégaux et de la redirection des spectateurs vers ces plateformes. D'après les enquêteurs, les profits illicites dépassent 20 milliards de dongs, soit environ 650 000 euros. La presse locale affirme que chaque commentateur touchait 50 à 70 millions de dongs par mois, entre 1 600 et 2 300 euros environ, pour tenir l'audience en haleine. Les administrateurs ouvraient leurs comptes sous de fausses identités, payaient les salariés en USDT, une cryptomonnaie adossée au dollar, et échangeaient par Telegram et Signal.
Le 15 mai, la police a mené des perquisitions dans plusieurs provinces et saisi 38 ordinateurs et 42 téléphones. L'organisateur présumé, Bùi Bá Hiến, ne figurait pas parmi les prévenus.
Ces peines rompent avec les habitudes de la justice vietnamienne. Fin mai 2026, le bureau du représentant américain au Commerce, dirigé par Jamieson Greer, a ouvert contre le Vietnam une enquête dite "Section 301". Washington y dénonce des condamnations trop clémentes, faites de sursis et d'amendes modestes, et agite la menace de droits de douane. La décision est attendue au plus tard le 29 novembre. Quelques semaines avant l'ouverture de l'enquête, le Premier ministre vietnamien avait déjà lancé une campagne nationale contre la contrefaçon. D'autres procès se préparent, dont celui du réseau de streaming sportif Xoi Lac TV.
Chez nous, la traque remonte désormais jusqu'au canapé. En mars 2026, le parquet d'Arras a exploité le fichier client de deux revendeurs et infligé à 19 abonnés des amendes de 300 à 400 euros, dans le cadre d'une composition pénale. Des abonnés à un service IPTV pirate sanctionnés, c'était une première. La loi de 1986 plafonne à 7 500 euros l'amende pour la détention d'un dispositif pirate et ne prévoit aucune prison pour le spectateur.
Les revendeurs s'exposent à bien pire : jusqu'à deux ans d'emprisonnement. Deux Français ont ainsi écopé d'un an de sursis et de 15 000 euros d'amende pour avoir vendu des abonnements illégaux. En parallèle, les sites tombent les uns après les autres, au point que Google DNS a dû bloquer 19 domaines de streaming sportif.
Au Vietnam, le Code pénal prévoit en théorie jusqu'à trois ans de prison pour ce type d'infraction. Le jugement de Bún Chả TV a été rendu en première instance.