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Actualité : La crainte d'une bulle IA grandit et plusieurs grandes banques deviennent plus prudentes lorsqu'il faut financer de nouveaux centres de données
Une bulle IA est-elle sur le point d'éclater ? En tout cas, les banques reculent après avoir financé les centres de données à coups de milliards de dollars. Les établissements bancaires réduisent désormais la part de risque qu'ils acceptent et demandent aussi de meilleures garanties.
Rappelons que l'industrie de l'IA brûle des sommes colossales pour bâtir des centres de données malgré la défiance de la population contre ces projets qui pullulent. Et s'il est toujours possible d'avoir un crédit pour leur financement, l'argent est bien plus coûteux et difficile à décrocher.
C'est depuis septembre dernier que la Société Générale a commencé à sélectionner beaucoup plus durement les projets de centres de données qu'elle accepte de financer. Idem pour les banques japonaises Sumitomo Mitsui Banking Corporation et Mitsubishi UFJ Financial Group.
Dans le passé, ces établissements ont participé à certaines des plus grosses opérations financières du secteur, parmi lesquelles Stargate. Les banques sont beaucoup plus précautionneuses sur le choix des dossiers après une ruée qui semblait inarrêtable.
Le mois dernier, JPMorgan Chase et Goldman Sachs ont limité leur risque sur un prêt de 5 milliards de dollars pour Volta Infrastructure. Il s'agit d'une entreprise qui fournit de la puissance de calcul pour l'IA. Et sur la somme totale, les banques n'ont garanti que 1,3 milliard de dollars.
Désormais, les prêteurs refusent de porter à eux seuls tout le risque des projets IA très coûteux. De son côté, la banque Barclays cherche une assurance contre le risque de non-remboursement sur plus de 10 milliards de dollars de dettes consacrées aux centres de données. ING cherche aussi à vendre environ 500 millions de dollars de prêts du secteur, dont une part de Stargate. Les banques tentent donc de sortir une partie du risque de leur bilan. Preuve d'un recul.
Il faut dire que les demandes financières frôlent l'absurde en termes de sommes. Les entreprises technologiques et les exploitants de centres de données empruntent des milliards pour acheter des puces, bâtir des bâtiments et s'alimenter en électricité. On parle de plus de 1 000 milliards de dollars de dépenses d'investissement dans l'IA l'année prochaine. Et déjà, les investisseurs réclament de plus forts intérêts.
Et même les leaders du secteur n'échappent pas à ce recul. En octobre dernier, Broadcom a sauvé un financement de 63 milliards de dollars pour Anthropic après les hésitations des banques. Broadcom a accepté des taux plus élevés et renforcé les garanties prévues pour les créanciers si le créateur de Claude ne rembourse pas sa dette.
La Banque centrale européenne se penche sur le dossier puisqu'elle envisage ce mois-ci de lancer un examen de l'argent engagé par les banques dans les centres de données. Le but de l'institution, c'est de mesurer les possibles pertes si les valorisations s'effondrent ou si certains projets ne trouvent pas de clients.
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