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NVIDIA enquête sur la liaison de Jensen Huang avec une espionne chinoise présumée
NVIDIA ouvre une enquête indépendante pour déterminer si son patron a été ciblé par une opération de renseignement étrangère. Selon le New York Times, Jensen Huang a reconnu une relation intime avec Alice Huang, identifiée par les services américains comme travaillant pour Pékin.
L’affaire prend une nouvelle dimension pour NVIDIA. Après les révélations sur les liens entre Jensen Huang et Alice Huang, ancienne dirigeante d’un client du fabricant de puces, le conseil d’administration annonce une enquête ce dimanche 8 novembre. Le dirigeant, qui évoquait jusqu’ici des relations professionnelles ordinaires, a parallèlement adressé un message d’excuses aux salariés. Il conserve ses fonctions pendant les investigations.
Dans sa déclaration, le conseil annonce qu’un comité d’administrateurs indépendants supervisera les investigations, assisté d’avocats extérieurs indépendants. Il affirme n’avoir aucune raison de penser que la sécurité nationale américaine ou les secrets de NVIDIA ont été compromis, tout en s’engageant à examiner toutes les informations disponibles.
Selon le New York Times, Jensen Huang a reconnu devant le conseil avoir entretenu une relation intime avec Alice Huang, ancienne dirigeante de Megaspeed International, une entreprise singapourienne cliente de NVIDIA. Le quotidien affirme que les services américains ont conclu qu’elle travaillait pour le renseignement chinois, après avoir constaté qu’elle transmettait des informations à Pékin.
Dans un message aux salariés reproduit par Bloomberg, le dirigeant reconnaît son infidélité : « J’ai été infidèle à mon épouse ». Il présente ses excuses à sa famille et aux équipes, puis assure, concernant les investigations : « Je soutiens cette enquête et coopérerai pleinement …
Son mémo ne nomme toutefois pas Alice Huang. Et les informations rapportées sur ses activités présumées ne permettent pas d’établir que Jensen Huang lui aurait transmis des secrets de NVIDIA. C’est notamment ce risque que l’enquête doit permettre d’éclaircir.
L’affaire avait déjà atteint le Congrès. Trois présidents de commissions de la Chambre des représentants demandent à entendre Jensen Huang à huis clos le 18 novembre, sur ses interactions avec Alice Huang et les protections de l’entreprise contre l’espionnage étranger.
Les enjeux dépassent la vie privée du dirigeant. NVIDIA fournit des composants essentiels aux infrastructures d’intelligence artificielle, dont les exportations vers la Chine font l’objet de restrictions américaines. Son patron est également un interlocuteur influent de Donald Trump sur ces questions.
Megaspeed est, de son côté, visée par une enquête du département américain du Commerce sur un possible contournement de ces restrictions, selon le New York Times. Ce dossier reste distinct de la question d’une éventuelle fuite de renseignements par l’intermédiaire du dirigeant. Pékin a précédemment rejeté les accusations d’espionnage.
NVIDIA n’a pas annoncé de date pour les conclusions des investigations. Le conseil promet de communiquer de nouveaux éléments lorsque cela sera approprié, tandis que Jensen Huang s’engage à coopérer pleinement.