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Critique Backrooms : le phénomène horrifique d'Internet réussit le pari du grand écran
Le jeune réalisateur Kane Parsons passe de YouTube aux salles obscures avec un premier long-métrage hypnotisant. Voici notre critique de Backrooms, garantie sans spoilers.
En 2019, une simple image sur un forum 4chan va lancer l'une des “creepypastas” (légendes urbaines issues d'Internet) les plus populaires : les Backrooms, un ensemble de pièces vides échappant à la réalité. Quelques années plus tard, un jeune youtubeur du nom de Kane Parsons en fait le sujet d'un court-métrage horrifique en mode found footage.
Le jeune créateur de 20 ans (!) est aujourd'hui aux commandes de l'adaptation cinématographique de ce phénomène d'Internet oscillant entre horreur, thriller existentiel et jeu vidéo, qui sort ce 17 juin au cinéma. Voici notre critique du film, garantie sans spoilers.
Propriétaire d’un magasin de meubles, Clark est aspiré une nuit par le mur de son magasin et se retrouve dans une arrière-salle souterraine dont il ne soupçonnait pas l’existence. Ce lieu, où sont empilés des meubles provenant de sa boutique, débouche sur une enfilade de pièces qui forment une sorte de labyrinthe d’où émanent des voix bizarres et surgissent des silhouettes inquiétantes.
Faut-il être un fan de creepypastas, de forums Reddit et des vidéos de Kane Parsons sur YouTube pour apprécier le film Backrooms ? Pas nécessairement, même si le long-métrage demande un certain “lâcher-prise” et de s'abandonner à son univers pas comme les autres.
Car Backrooms, c’est avant tout une ambiance et une œuvre qui demandent à leur spectateur de se laisser embarquer dans un labyrinthe déroutant aux frontières du réel, dans lequel les personnages principaux, incarnés par Chiwetel Ejiofor (12 Years a Slave) et Renate Reinsve (Valeur sentimentale), sont les véhicules de nos interrogations les plus profondes.
Backrooms est l'adaptation d'une légende urbaine issue d'Internet.
Ejiofor campe un protagoniste tour à tour modéré et instable, tandis que Reinsve, sous les traits d’une thérapeute avec son propre lot de traumatismes, fait preuve d’un jeu tout en finesse et en mesure. Ensemble, ils forment un duo d'abîmés qui dote le film d'une véritable épaisseur émotionnelle, lui permettant d'exister au-delà de son concept de “petit malin”.
Si le film met du temps à s'installer, surtout pour rendre son univers compréhensible aux profanes, Kane Parsons arrive à transcender son concept fou pour nous embarquer dans un dédale aussi dérangeant que fascinant. Surtout, il propose de vraies idées de mise en scène et toute une réflexion sur l'itération, la psychologie humaine et nos propres mécanismes internes.
Qui aurait cru que des espaces vides pouvaient être aussi angoissants ? Pourtant, ils font toute la force de ce long-métrage conçu comme un cauchemar éveillé. Visuellement, on pense ainsi aux films Projet Blair Witch, Cube ou Annihilation d'Alex Garland, et même au jeu Portal 2, autant d'œuvres tournant autour de cette idée de l’itération.