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Chrome débranche uBlock Origin le 30 juin : la dernière astuce vient de disparaître
Google ne fait plus dans la dentelle. Après des années à grignoter le terrain, le navigateur s’apprête à couper définitivement les vivres aux bloqueurs de publicité. Une mise à jour du code de Chromium supprime la dernière option qui permettait encore de garder uBlock Origin actif. Concrètement, l’astuce qui sauvait les meubles vient de disparaître.
Cette option, c’était un drapeau nommé ExtensionManifestV2Disabled. En clair, un réglage caché que les utilisateurs avertis activaient pour maintenir en vie les extensions basées sur Manifest V2, l’ancien standard technique des modules de Chrome. Avec la méthode pour récupérer le bloqueur qu’on vous expliquait, ce contournement vivait ses derniers mois. Il vient officiellement de mourir.
Le calendrier est posé. Chrome 150, attendu le 30 juin, est la première version qui retire ce fameux drapeau du code. Devlin Cronin, ingénieur chez Google, a confirmé que les extensions Manifest V2 ne sont plus autorisées sur aucune version supportée du navigateur, et que leur prise en charge disparaît pour de bon. Une version suivante, Chrome 151, balaiera les drapeaux restants pour effacer toute trace de l’ancien système.
Le timing n’a rien de hasardeux. Google désactive automatiquement les extensions MV2 dans ses versions stables depuis octobre 2024, et la dérogation réservée aux entreprises a sauté avec Chrome 139 en 2025. Là, c’est le dernier verrou qui cède. Une fois Chrome 150 installé, il n’existe plus de réglage, de politique d’entreprise ou de combine cachée pour rallumer ces modules.
Le cœur du problème tient à Manifest V3, la nouvelle norme d’extension de Chrome. Avant, un bloqueur pouvait intercepter les contenus indésirables avant même leur affichage, en travaillant librement en arrière-plan. MV3 impose un modèle bien plus strict (l’extension doit demander l’autorisation au navigateur pour bloquer une pub). Autrement dit, une entreprise qui vit de la publicité a désormais le dernier mot sur ce qui peut être bloqué chez elle. La « modernisation » tombe donc à pic.
Pour aller plus loin
Tout comprendre au gros changement qui va toucher Google Chrome : le passage à Manifest v3
Une version allégée existe bien, uBlock Origin Lite, compatible MV3. Mais son développeur Raymond Hill prévient : elle ne reproduit pas tout. Elle s’appuie sur un système de règles figées, déclarées à l’avance, là où l’original réagissait en direct à ce qui se passait sur la page. Résultat, elle galère davantage face aux sites anti-bloqueurs et aux pubs YouTube. Pour Hill, le passage de l’un à l’autre n’est pas automatique tellement les deux outils diffèrent.
Pour les utilisateurs d’uBlock Origin sur Chrome (estimés à plus de 40 millions selon The Next Web), il reste donc trois portes. Accepter la version Lite et ses limites. Ne rien faire et regarder l’extension s’éteindre toute seule. Ou changer de navigateur : les développeurs d’uBlock Origin recommandent Firefox ou Brave, qui gardent le bloqueur complet. Opera dit vouloir maintenir MV2 un temps, mais comme le navigateur repose sur Chromium, la même échéance le rattrapera. Edge, lui, bloque déjà les bloqueurs MV2.
Si tu tiens à bloquer les pubs sans compromis, le choix se fait maintenant : passe sur Firefox ou Brave avant le 30 juin, ou résigne-toi à la version Lite sur Chrome. Sur un navigateur qui représente environ deux tiers du marché mondial, ce n’est pas un détail technique : c’est le plus gros chamboulement du blocage de pub depuis des années.
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