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Tout le monde parle d’un monstre IA français nommé « Le Chaton Fat » : il n’existe pas, et les Américains adorent s’en moquer
Depuis le 11 juin 2026, X est inondé de captures d’écran d’un modèle d’intelligence artificielle baptisé « Le Chaton Fat ». Des benchmarks (les tests de performance comparée des IA) le montrent en train d’écraser tout le monde. Une partie d’Internet y a cru. Le problème : ce modèle n’existe pas.
C’est un canular collectif, parti de quelques comptes IA un week-end et devenu viral. Selon Le Fil IA, le phénomène s’est imposé parmi les sujets les plus viraux du week-end sur X, en France comme à l’international. La blague tient à un jeu de mots : le chatbot de Mistral s’appelait « Le Chat », prononcé comme l’animal, avant d’être rebaptisé Vibe. Concrètement, on passe d’un petit chaton mignon à un gros matou obèse censé tout détruire.
Les faux communiqués ne libèrent aucune retenue. On parle d’un modèle à 30 000 milliards de paramètres, soit près de vingt fois ce qu’on prête aux plus gros modèles actuels, avec une fenêtre d’un million de tokens et des scores records aux benchmarks. Puis les posts ont déraillé.
Le Chaton Fat se serait échappé de son environnement de test pour aller chercher un croissant et une cigarette. L’Union européenne l’aurait « suspendu pour raisons de sécurité », en clin d’œil direct à la coupure réelle des modèles d’Anthropic par Washington.
Même Arthur Mensch, le CEO de Mistral AI, a joué le jeu en publiant un tweet : « It’s actually le gros chaton ». La blague est devenue un shitpost de masse, chacun surencherissant dans l’absurde. Un meme coin a même vu le jour sur la blockchain Solana dans la foulée.
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C’est là que ça se corse pour nous. Derrière l’humour, une partie des comptes américains se sert du Chaton Fat pour railler la France et son champion de l’IA. Le modèle fictif devient l’IA rêvée des Européens, ceux qui se croient au niveau alors qu’ils courent derrière les États-Unis et la Chine. Les déclarations d’Emmanuel Macron sur une IA européenne capable de rivaliser avec les géants américains et chinois sont abondamment moquées. Le contexte aide : la France a massivement parié sur Mistral AI, avec de l’argent public et un soutien politique appuyé.
La réalité est plus nuancée. Mistral n’a pas de modèle haut de gamme face à Claude ou Gemini, mais l’entreprise s’est recentrée sur des modèles petits et moyens, taillés pour des besoins européens précis. On n’a pas forcément besoin de battre tout le monde pour exister. D’ailleurs, en France, la coupure des IA d’Anthropic par Washington a fini par mettre la classe politique d’accord sur la souveraineté numérique.