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Qobuz enregistre une croissance historique à 45,7% dans un marché à 8,8%
Ça y est, le service de musique en streaming français Qobuz passe à l'équilibre ! En 2025, l'entreprise a enregistré une croissance de 45,7% sur ses revenus de streaming payant, dans un marché mondial qui progresse de 8,8% selon l'IFPI.
Fondée en 2007 à Paris, Qobuz a construit sa trajectoire à rebours des grandes plateformes, sans accès gratuit, sans publicité, sur un positionnement qualité audio. La plateforme française indépendante réalise désormais 80% de son chiffre d'affaires à l'international, avec les États-Unis en tête. Son revenu moyen par abonné dépasse de 6,5 fois la moyenne du secteur.
Le marché mondial de la musique enregistrée a pesé 31,7 milliards de dollars en 2025, en hausse de 6,4% selon l'IFPI. Le streaming en représente 70%. Au sein de ce segment, le streaming payant progresse de 8,8%, à 16,6 milliards de dollars, soit 75,4% du total streaming. Goldman Sachs projette ce marché à 40 milliards de dollars en 2030 pour 1,3 milliard d'utilisateurs.
Sur ce terrain, Qobuz affiche +45,7% sur l'année, soit plus de cinq fois la dynamique du secteur. Interrogé par nos soins, Georges Fornay, Directeur Général Délégué, affirme :
"Spotify a tourné positif il y a deux ans, Deezer, c'était l'année dernière et on y arrive aussi. Nous sommes une petite équipe. On est 130 personnes au total avec les sous traitants. Nous avons 60 ingénieurs, contre 4000 chez Spotify".
La plateforme compte 1,2 million d'utilisateurs actifs mensuels. Son revenu moyen par utilisateur, ou ARPU (Average Revenue Per User), atteint 120,30 euros par an, contre 18,35 euros pour la moyenne du marché (soit 6,5 fois plus). Il faut dire que chez Qobuz, chaque utilisateur est un abonné payant, sans dilution par un socle "freemium". Les États-Unis représentent 30% du chiffre d'affaires (+51,6% en 2025), devant la France à 19% (+25,8%) et le Royaume-Uni à 10% (+37,6%). En 2019, la France pesait encore 63% du CA total.
Georges Fornay précise que le concurrent Deezer parie beaucoup sur le modèle B2B2C. En d'autres termes, Deezer négocie des partenariats avec des sociétés qui vont inclure le servie auprès de leurs clients, comme avec Orange par exemple.
"Chez Deezer, le revenu par abonné est la moitié du revenu classique parce que le partenaire veut sa marge. Et puis il y a des coûts de suivi, par exemple à la FNAC, il faut imprimer les offres, il y a beaucoup de coûts derrière. Et après il faut réussir à faire payer le vrai abonnement après la période gratuite proposée par le partenaire. Donc, ils font beaucoup de volume mais ils sont peu rentables".
Sur le plan financier, Qobuz a atteint le break-even EBITDA IFRS (l'équilibre entre recettes et charges d'exploitation) avec un cash flow de 13 millions d'euros et aucune dette financière. Un résultat net positif est attendu pour mars 2027. Depuis le rachat en 2015, 55,7 millions d'euros ont été investis dans la société, dont 25 millions via des levées de fonds. Le Groupe Thébaud détient 70% du capital, Quebecor 26%. La totalité des salariés en CDI sont actionnaires.
Qobuz a construit son positionnement en misant sur la qualité audio. L'intégralité du catalogue est disponible en "lossless". Concrètement, un enregistrement est proposé en qualité CD (16 bits à 44,1 kHz) ou haute résolution (24 bits jusqu'à 192 kHz), sans la compression qui réduit la bande passante sur les plateformes grand public. Interrogé par nos soins en mars dernier, Pierre Largeas, Managing Director Europe du Sud, affirmait :