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Feux de forêt en Gironde : quand les cartes générées par IA alimentent la panique
Alors que l’incendie parti de Saumos a parcouru plusieurs dizaines de milliers d’hectares, les cartes se multiplient sur les réseaux sociaux. Elles ne montrent pourtant pas toutes la même chose et certaines peuvent donner une vision très trompeuse de la situation, parfois jusqu'à semer la panique.
L’incendie qui touche la Gironde depuis le 22 juillet est désormais « stabilisé », mais pas encore « fixé », a indiqué le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez ce lundi 27 juillet. Environ 42 000 hectares ont été parcourus par le feu et 220 000 personnes ont fait l’objet d’une évacuation préventive depuis le début de la crise.Face à un événement d'une telle ampleur, le réflexe est compréhensible : ouvrir les réseaux sociaux pour s'informer, et consulter une carte pour savoir où se trouvent les flammes et si elles se rapprochent d'une commune ou d'une habitation. Mais les réseaux sociaux regorgent d'images de fiabilité très inégale : captures de services satellites, cartes météorologiques, tracés d'internautes et, plus inquiétant, des cartes générées par intelligence artificielle qui exagèrent délibérément l'étendue du sinistre. Certaines sont donc entièrement fabriquées. Et même celles qui reposent sur des données réelles peuvent devenir trompeuses lorsqu'elles sont périmées, sorties de leur contexte ou accompagnées d'une mauvaise légende.
L’incendie de Saumos en fournit une bonne démonstration. Sa progression, son intensité et son orientation ont évolué plusieurs fois en quelques jours, au gré du vent, de l’humidité et des reprises de feu. Une capture réalisée le matin peut donc être très éloignée de la situation observée quelques heures plus tard.Il faut surtout déterminer ce que la carte prétend représenter. Un périmètre de 42 000 hectares correspond à une surface parcourue par l’incendie. Cela ne signifie pas que l’ensemble de cette zone est simultanément recouvert de flammes, ni que tous ses points présentent le même niveau de danger.
La confusion est également fréquente avec les cartes de vigilance. La Météo des forêts indique le niveau de risque de départ et de propagation d’un incendie pour chaque département. La carte de la Défense des forêts contre les incendies d’Aquitaine renseigne quant à elle sur les restrictions d’accès et de circulation dans les massifs. Ces outils sont essentiels pour la prévention, mais ils ne localisent pas les fronts de flammes en temps réel.Une zone colorée en rouge ou en noir peut ainsi signaler un risque extrême ou une interdiction d’accès, sans qu’un incendie y soit actuellement actif. À l’inverse, une zone déjà brûlée peut rester visible sur une carte alors que le front principal s’est déplacé.
Pour les personnes directement menacées, les cartes ne doivent jamais remplacer les instructions de la préfecture, des communes et des services de secours. En Gironde, le dispositif FR-Alert a notamment été déclenché afin d’envoyer directement sur les téléphones l’ordre d’évacuation des populations situées dans les secteurs menacés.
Le risque ne se limite toutefois pas à une mauvaise lecture de données authentiques. Des cartes entièrement fabriquées peuvent désormais adopter l’apparence d’un document "crédible".
L’AFP a récemment vérifié plusieurs cartes diffusées pendant les incendies de juillet 2026 au Canada. Générées artificiellement, elles ne provenaient d’aucun service de surveillance reconnu, mais avaient tout de même recueilli des milliers de réactions sur les réseaux sociaux.
L’une d’elles plaçait des symboles de flammes à proximité de Toronto alors que les services officiels de l’Ontario ne recensaient aucun incendie actif dans ce secteur à la date concernée. Une autre reprenait abusivement l’identité visuelle du Centre interservices des feux de forêt du Canada et représentait des foyers sur l’île de Baffin, dans l’Arctique, où aucun feu n’était alors signalé.Ces images ne se contentaient donc pas de rendre la situation plus spectaculaire. Elles inventaient des foyers, modifiaient leur