// FRANCEINFO FAITS DIVERS — CRONACA
"On est fatigués physiquement, moralement… Il n'y a plus rien" : la détresse d'habitants de Cotignac, dans le Var, qui retrouvent leur maison en cendres
Pour sauvegarder cet article, connectez-vous ou créez un compte franceinfo
Émotion dans le Var. Dix jours après l'immense incendie dans l'arrière-pays de Saint-Tropez, les derniers habitants évacués retrouvent enfin leur maison ce vendredi 31 juillet, à Cotignac. Si le feu est désormais fixé, il laisse derrière lui 4 500 hectares dévastés et une soixantaine d'habitations endommagées. Pour les familles qui découvrent les lieux, c'est souvent un choc.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Pour rejoindre sa maison de Cotignac, dans le Var, Sylvie Roger doit suivre un sentier cabossé. Un chemin fait de cendres et d'arbres calcinés. "Tout ça, ça a brûlé. Les maisons ont été épargnées pour la plupart. On a été la seule qui a brûlé, totalement", constate-t-elle, alors qu'elle fait route vers les restes de son habitation. Dix jours après l'incendie, elle marche vers sa maison détruite et ses souvenirs. "Ça, c'est la maison avec le salon, deux chambres, une salle de bains… Il y avait une grande véranda, voilà ce qu'il en reste", nous montre-t-elle.
Dans ce paysage monochrome, l'espoir de retrouver des objets personnels est vite déçu. "On n'a plus rien, plus un papier, plus de photos… Toute une vie qui part comme ça, en un claquement de doigts. Après, ça fait cinq ans qu'on l'a acheté et cinq ans qu'on travaille comme des fous", confie Sylvie, gagnée par l'émotion.
Son mari, Marc, est bénévole au comité des feux de forêt. Le jour de l'incendie, il a dû quitter la mort dans l'âme sa maison, pour prêter main-forte aux pompiers. "Je culpabilise parce qu'on n'était pas là, j'étais pas là au bon moment et c'est peut-être aussi certainement ce qui m'a sauvé la vie. On pense constamment à ça, on est hagard un petit peu, on est fatigués physiquement, moralement… Il n'y a plus rien", déplore-t-il.
En tout, 27 maisons ont été entièrement détruites à Cotignac, un choc psychologique ressenti par le maire, Jean-Pierre Veran. "Quelqu'un qui a construit sa maison, qui a mis 10, 20, 30, 40 ans pour construire la maison et qui aujourd'hui se trouve sans plus rien, sans toit… Vous vous rendez compte ? Tout ce que vous avez fait, c'est parti. Alors le traumatisme, il est abominable !", souligne l'édile.
Le docteur Jean-Claude Auguste, médecin généraliste à Cotignac, a annulé ses vacances pour recevoir les sinistrés. Une vingtaine est venue dans son cabinet. Le besoin de parler est immense : "Pour eux, c'est totalement irréel. J'ai deux patients qui m'ont dit : 'J'ai compris 48 heures après'. Des patients qui ont été évacués, qui m'ont dit : 'Mais c'était un mauvais film, enfin je n'y croyais pas.' Je les ai revus deux, trois jours après, ils ont compris ce qu'il s'est passé, mais avec le recul", explique le praticien.
Et le soutien matériel ne manque pas. À Cotignac, les dons de vêtements affluent, un réconfort bienvenu pour les sinistrés.
Vous pouvez désormais privilégier l'affichage des articles de franceinfo dans les résultats de recherche Google. Comment ça marche ?