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REPORTAGE. "L'idée c'est de savoir qui passe, quand et pourquoi" : les gendarmes traquent les éventuels pyromanes dans le Var
Dans le Var, le parquet de Draguignan envisage sérieusement "l'hypothèse de mises à feu volontaires" dans la violente reprise d'incendie depuis vendredi. Pour tenter de dissuader, ou prévenir ces gestes, les patrouilles de gendarmerie se multiplient.
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L'incendie dans le Var ne progresse plus, après avoir dévoré 1 800 hectares de forêt. Six départs de feu volontaires ont été recensés depuis quinze jours, deux depuis lundi 3 août seulement, alors que les pompiers venaient enfin à bout des flammes dans le secteur de Correns et Monfort-sur-Argens. Des actes insensés, "criminels", dénoncent certains élus locaux qui ont dû évacuer leurs habitants.
"Tous les feux ne se valent pas" : vers un indicateur similaire à "l'échelle de Richter" pour mesurer les conséquences écologiques des incendies
Alors les patrouilles de gendarmerie se multiplient, comme à l'entrée de Correns, où les habitants ont pu reprendre possession de leurs maisons après avoir été évacués face à la violence des flammes ce week-end. Trois routes se croisent ici, sous le regard de plusieurs équipages de gendarmes, qui arrêtent toutes les voitures de passage. Contrôle des papiers, questions sur la destination…
"L'idée c'est de faciliter le travail des pompiers en régulant la circulation, et de contrôler les gens pour savoir qui passe, quand et pourquoi, explique le capitaine Mickaël Tourbier, commandant de la compagnie de Brignoles. Est-ce réellement des gens qui viennent aider les pompiers ou ravitailler le village ?" Les gendarmes demandent l'ouverture du coffre des véhicules. Grâce à ces contrôles et leurs investigations, ils ont interpellé un jeune homme de 23 ans, mis en examen la semaine dernière, soupçonné d'avoir déclenché plusieurs incendies dans le secteur.
"On a des lisières qui font plus de 200 kilomètres de long, le territoire à couvrir est colossal."
D'autres équipes patrouillent sur les chemins et pistes interdits à la circulation, pour s'assurer du respect des consignes. Mais le terrain à surveiller est immense, dans ce massif dense et par endroits difficile d'accès, concède le colonel Grégory Goumain, commandant du groupement de gendarmerie du Var. "Avec un contrôle de zone qui est important, on bénéficie du renfort de deux escadrons de gendarmerie mobile qui nous permettent de couvrir le territoire, détaille le commandant. Mais les temps de trajet sont importants du nord au sud du feu du Gros Bessillon".
Les gendarmes comptent donc aussi désormais sur la vigilance des riverains, dont les témoignages, confie le colonel, remontent aux autorités de plus en plus rapidement.
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