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Que s'est-il vraiment passé sur le site Seveso de Gandrange, où le système de sécurité incendie ne s'est pas déclenché ?
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Frédéric Boisset, Anne-Charlotte Hinet, Sébastien Renout
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Jérôme Cathala
Dimanche 2 août, 30 000 habitants étaient appelés à se confiner après l’incendie du site Seveso de Gandrange, en Moselle. Quatre jours plus tard, de graves failles apparaissent : le système automatique d’extinction était en maintenance et certains riverains disent ne pas avoir reçu l’alerte. La sécurité du site avait déjà été jugée insuffisante. Que s'est-il vraiment passé ?
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Une vaste carcasse de bâtiment effondrée et des tonnes de déchets industriels à évacuer. Quatre jours après l'incendie, voici tout ce qu'il reste du site classé Seveso de l'entreprise Suez à Gandrange (Moselle), dont l'embrasement a conduit dimanche 2 août au confinement de 30 000 habitants. Ce sinistre à haut risque aurait-il pu être évité ? Selon la préfecture de Moselle, l'approvisionnement en eau du site avait été coupé ce week-end pour des travaux de maintenance. Le système de sécurité incendie n'était donc pas fonctionnel.
"Le fonctionnement optimal du système de défense incendie, s'il y a des fumées qui sont détectées, les buses au plafond se déclenchent et éteignent ce qui est allumé. Le fait est que ça ne s'est pas déclenché", commente Jérôme Seguy, secrétaire général de la préfecture de Moselle - sous-préfet de Metz. Pas d'extinction automatique des premières étincelles et pas d'eau non plus dans les bornes à incendie.
Nadine Metzinger, première adjointe (SE) au maire de Gandrange, était sur place dimanche. Elle dit avoir vu les pompiers multiplier les trajets pour aller se fournir en eau ailleurs. "Ça compliquait le travail des pompiers. Je pense, à titre personnel, que l'incendie aurait pu être éteint plus rapidement", admet-elle.
La sécurité incendie du site avait déjà été pointée du doigt dans un rapport des services de l'État. En septembre 2025, il faisait état d'extincteurs manquants et demandait des justificatifs à Suez. Des anomalies dans le système d'extinction incendie devaient également être corrigées dans les trois mois. Ce jeudi 6 août au soir, l'entreprise affirme que ses équipements avaient été mis en conformité. Le site devait être contrôlé le mois prochain pour le vérifier.
Certains habitants, eux, ont le sentiment d'avoir frôlé la catastrophe et ne sont pas rassurés par les dernières recommandations de la préfecture, qui déconseille de consommer le produit de leurs potagers. "On ne doit pas consommer de fruits ou de légumes, ça fait penser à Tchernobyl. On va les éplucher, puis on va les consommer. On se dit que ça n'a pas dû pénétrer dedans quand même, malgré tout. On prend le risque", confie Cyrille Villemin, habitant de Vitry-sur-Orne (Moselle). La préfecture indique attendre le résultat de nouvelles analyses de l'air, des sols et de l'eau avant de lever ses recommandations.