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Feux de forêt : les assureurs vont de plus en plus chercher l’argent sur les marchés financiers
Il est encore trop tôt pour dresser un bilan chiffré précis des assurances qui devront être versées aux sinistrés des feux de forêt, mais la facture s’annonce très lourde. Pour faire face, les assureurs se tournent de plus en plus vers les marchés financiers
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Les assureurs pratiquent ce que l’on appelle un transfert de risques, car les primes versées par les assurés lors de la signature d’un contrat d’assurance ne sont pas suffisantes pour couvrir le volume de sinistres à indemniser. D'autant que les incendies s’ajoutent aux autres catastrophes naturelles et dégâts en tous genres qui se multiplient depuis des années partout dans le monde. La charge devient très lourde.
Les grandes compagnies d’assurance, ou les réassureurs, ont donc recours à un produit financier baptisé ‘"Cat Bonds"’. "Cat" pour catastrophe et "bonds", traduction anglo-saxonne du mot obligation. Une obligation financière comme une action à la Bourse, c'est-à-dire un titre de dette acheté par les investisseurs. Donc, les marchés financiers prennent en charge une partie des risques assumés par les assureurs.
C’est toujours l’assureur qui nous indemnise en cas de sinistre, mais avant-même de connaître le montant des sommes qu’elle devra verser pour payer les victimes, la compagnie d’assurance va se financer de plus en plus, en amont, sur les marchés avec ce produit spécifique, les "Cats bonds", les obligations catastrophe. Les investisseurs achètent cette part de risque avec en retour un taux d’intérêt qui leur permet de se rémunérer. Mais c’est du quitte ou double : si la catastrophe (feu de forêt) se produit, l’investisseur perd sa mise. En revanche, s’il n’y a pas de sinistre ou que celui-ci s’avère moins lourd que prévu, l’investisseur gagne de l’argent grâce aux taux d’intérêt qu’il touche en retour.
On estime que, depuis le début de l’année en France, ce sont plus de cinq milliards d’euros d’obligations catastrophe qui ont été émis. Pratiquement le double de l’ensemble de l’année dernière. L’Europe se convertit de plus en plus à ce système très prisé aux États-Unis, notamment en Californie souvent victime de feux de forêts ravageurs. Comme ces feux sont de plus en plus fréquents, assureurs et investisseurs peaufinent sans cesse leurs modèles d’évaluation (niveaux de température, vitesse des vents, croissance de la végétation, topographie des lieux à risque, etc.), ce qui leur permet de prédire du mieux possible les sinistres et de se préparer à les couvrir financièrement.
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