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Vérification des développeurs Android : Google détaille son calendrier
Quatre pays dès septembre, le reste du monde en 2027, un service qui s'installe tout seul sur les téléphones. Google a posé les dates de la vérification obligatoire des développeurs. L'Europe, elle, attend toujours sa réponse.
Le sideloading, c'est-à-dire l'installation d'applications par fichier APK en dehors du Play Store, accompagne Android depuis bientôt deux décennies. Google a entrepris de l'encadrer au nom de la lutte contre les logiciels malveillants, et vient de préciser, ce 18 juin, le calendrier de sa mesure phare : la vérification d'identité obligatoire des développeurs. Le dispositif, baptisé Developer Verification, était connu depuis août 2025. Ce sont désormais les dates qui se dessinent, selon les informations publiées sur le blog des développeurs Android.
Le principe tient en une phrase : pour qu'une application puisse être installée sur un appareil Android certifié, son développeur devra avoir confirmé son identité auprès de Google. Une sorte de carte d'identité à l'entrée, qui vaut aussi bien pour le Play Store que pour les boutiques alternatives et les APK glissés en sideloading. Un mécanisme équivalent existe déjà sur le Play Store depuis 2023. Il s'agit cette fois de l'étendre à tout l'écosystème.
Depuis avril, le déploiement avance par étape. un service système nommé « Android Developer Verifier » est apparu dans les réglages des appareils. À partir de juin, ce service commence à s'installer automatiquement sur les téléphones tournant sous Android 8 et au-delà, avec pour mission de vérifier qu'une application est bien rattachée à un développeur identifié. Les comptes à distribution limitée, eux, ouvriront en accès anticipé en juillet, avant un lancement mondial en août. Pensés pour les étudiants et les bricoleurs du dimanche, ils n'exigent pas de pièce d'identité officielle mais plafonnent le partage à 20 appareils. Le parcours « Advanced Flow » destiné aux utilisateurs avertis arrivera lui aussi en août.
Le vrai basculement est daté du 30 septembre 2026. Ce jour-là, dans quatre pays (Brésil, Indonésie, Singapour, Thaïlande), une application devra être enregistrée par un développeur vérifié pour s'installer ou se mettre à jour par les voies normales sur les appareils certifiés. La mesure couvrira d'emblée plusieurs grandes boutiques, du Play Store au Galaxy Store de Samsung, en passant par les magasins de Xiaomi, HONOR, OPPO ou vivo. Le reste du monde suivra en 2027, sans date arrêtée à ce jour.
Le sideloading ne disparaît pas pour autant. Une application non enregistrée restera installable, soit via l'outil ADB cher aux développeurs, soit par l'Advanced Flow, au prix d'une attente de 24 heures avant le feu vert. Le fonctionnement détaillé de ce parcours à haute friction avait déjà été dévoilé au printemps.
Google ajoute par ailleurs une interface maison permettant aux éditeurs d'enregistrer leurs applications en masse, directement depuis leurs chaînes de déploiement.
Voilà pour le calendrier officiel. Reste une absence remarquée : l'Union européenne ne figure dans aucune des vagues annoncées. Le continent est rangé, comme la plupart des marchés, dans la nébuleuse « reste du monde » prévue pour 2027. Cette discrétion n'a rien d'un oubli administratif, car l'Europe dispose d'un levier que les quatre premiers pays n'ont pas : le règlement sur les marchés numériques, le DMA.
Apple a déjà essuyé les plâtres. Pour se conformer à ce même DMA, la marque a dû ouvrir iOS au sideloading et aux boutiques tierces, mais uniquement sur le territoire des Vingt-Sept. Résultat un brin paradoxal : l'utilisateur européen d'iPhone installe aujourd'hui des applications hors App Store là où le reste de la planète en reste privé. La question se pose désormais en miroir pour Android. Une obligation de vérification centralisée, imposée à tous les développeurs même hors du Play Store, est-elle compatible avec un texte conçu pour desserrer la mainmise des géants sur la distribution d'applications ?
La question n'est pas q