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Actualité : Le GPS américain détrôné : 5 milliards d'utilisateurs naviguent déjà grâce à Galileo, le géant spatial européen
L'Europe ne se contente plus de subir la dépendance au GPS américain. Forte d'une constellation quasi complète, du lancement de ses satellites de seconde génération et du déploiement d’une couche de résilience inédite en orbite basse, la technologie européenne s'impose désormais comme le système de positionnement le plus précis de la planète... et elle est déjà logée au cœur de votre poche.
© Shutterstock / PixieMe - Google Maps, Waze, Plans : ces applis de navigation qui tournent sur votre smartphone s'appuient toutes sur le GPS américain. Galileo veut changer la donne.
C’est un automatisme invisible. À chaque fois que vous cherchez une station de métro ou un restaurant sur votre smartphone, vous activez une technologie aux enjeux géopolitiques colossau. Pour rompre avec sa dépendance historique envers le réseau militaire américain opérationnel depuis 1993, Bruxelles a mis en orbite une constellation de 29 satellites actifs. Perché à 23 222 kilomètres d'altitude, Galileo pulse aujourd'hui dans les puces de près de 5 milliards d'utilisateurs à travers la planète, offrant une précision d'un mètre au grand public et descend même au centimètre pour les professionnels de l'agriculture ou du bâtiment.
Le 17 décembre 2025, Ariane 6 a placé en orbite les satellites SAT 33 et SAT 34 depuis Kourou. Premier lancement Galileo confié au nouveau lanceur lourd européen, après deux recours à SpaceX en 2024 faute de disponibilité d'Ariane. Le symbole pèse lourd : la souveraineté spatiale du continent retrouve sa cohérence. Quatre satellites supplémentaires sont programmés dans les 12 à 16 prochains mois pour parachever la première génération.
Décollage d'une fusée Ariane emportant quatre satellites Galileo depuis le Centre spatial guyanais de Kourou.
Dans le même temps, douze satellites de seconde génération, en production chez Thales Alenia Space et Airbus Defence and Space, embarqueront des avancées décisives : charges utiles entièrement numériques, propulsion électrique, liaisons inter-satellites et horloges atomiques expérimentales.
Les satellites Galileo 33 et 34 encapsulés sous la coiffe d'Ariane 6 à Kourou, le 9 décembre 2025.
L'avancée la plus spectaculaire de 2026 se joue bien en dessous de la constellation principale. Le 28 mars, deux micro-satellites de la mission Celeste ont décollé de Nouvelle-Zélande pour tester une couche de navigation complémentaire à seulement 510 kilomètres d'altitude. À cette distance de la Terre, les signaux arrivent plus puissants, résistent bien mieux au brouillage et pénètrent là où Galileo peine encore : bâtiments, canyons urbains, régions polaires.
Le micro-satellite Celeste IOD-2 en chambre anéchoïque lors de ses tests de compatibilité électromagnétique, janvier 2026.
Le 8 avril, le laboratoire de navigation de l'ESA à Noordwijk a capté le tout premier signal de navigation européen émis depuis l'orbite basse, en double fréquence (bandes L et S). Huit satellites supplémentaires rejoindront la constellation dès 2027.