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Actualité : Comment Kagi m'a fait abandonner Google (et comprendre que les toutes les bonnes choses ont un prix)
Face au déclin de qualité de Google et de la piètre compétition gratuite, trouver un moteur de recherche alternatif et respectueux de la vie privée n'est pas une gageure. C'est sur ce terrain que se positionne Kagi, un search engine payant et cachant bien des atouts.
Parmi les plus grands crimes commis sur les outils du web moderne, le gâchis de Google est probablement l'un des plus graves. L'indexeur de recherche, capable de faire la pluie et le beau temps sur l'économie d'un nombre incalculable d'acteurs du web, est devenu au fil des années l'extension naturelle des catalogues de plateformes de vente, en plus de pousser autant que possible ses services annexes et, histoire d'en rajouter une couche, bouffer un maximum de données au passage. Bref, pour qui privilégie son hygiène numérique, quitter l'écosystème Google est un passage quasi-obligé.
Seulement voilà : difficile de trouver une alternative, la plupart étant peu efficaces (DuckDuckGo) ou détenues par un autre empire du mal (Bing). C'est dans ce créneau difficile à combler que se place Kagi. Lancé en 2022 par Vladimir Prelovac, ce moteur de recherche essaie de restituer une expérience oubliée depuis le début des années 2010 — dénuée de publicités et limitant les appels à la caisse chez des revendeurs tiers. Et comme la plupart des bonnes choses au XXIe siècle, son accès est conditionné à un abonnement, divisé en trois formules différentes en fonction des besoins des utilisateurs.
Les résultats de recherche sont affichés sans fioritures.
On ne serait pas surpris si, à l'idée de placer un moteur de recherche derrière un paywall, les trois quarts des lecteurs potentiellement intéressés par Kagi ont déjà décroché. C'est un cycle de plus dans le monde de la tech, qui nous enracine des habitudes de consommation avant de les laisser progressivement pourrir et proposer des alternatives payantes à la fin.
Mais une fois passée la barrière psychologique du portefeuille, le potentiel de Kagi pour celles et ceux qui ont un besoin vital d'une indexation correcte lors de leurs recherches sur le web est (pratiquement) infini. La différence la plus flagrante est l'absence des raccourcis vers les fiches produits de revendeurs, très souvent du côté de la plaque chez Google — logique, puisqu'aucun onglet Produits n'est à signaler dans la barre d'outils. Rechercher un modèle de PC portable débouche d'abord sur le site du constructeur, sans surprise, avant de proposer des tests dans des sites spécialisés et des threads sur Reddit. Tout autre chose côté Google, où il faut attendre la deuxième page de résultats pour avoir autre chose qu'un lien commercial.
Mais pour profiter du plein potentiel de Kagi, il faut exploiter ses outils de personnalisation, à commencer par les Lentilles, des filtres de recherche qui permettent de limiter les résultats à des sites ou “types” de sites spécifiques, qu'il s'agisse de résultats de forums ou de hubs académiques. Rien de bien sorcier finalement, mais l'interface proposée permet d'ajuster ses filtres rapidement et facilement, et en faire un moteur de recherche alternatif à celui très perfectible des Numériques, entre autres.
Dans le même ordre d'idée, les filtres régionaux sont aussi une aubaine pour qui a besoin de limiter les résultats de recherche à une langue ou un pays spécifique sans avoir à basculer sur un nom de domaine différent. Il est ainsi aisé de façonner le moteur en fonction de ses besoins. Un site vous embête ? Le retirer définitivement des résultats se fait en un clic. Marre des questions générées à chaque recherche ? Là aussi, Kagi vous laisse supprimer l'encart sans problème.
Décidé à singer Cupertino jusqu'au bout, Kagi propose aussi son propre service Kagi Maps, alimenté par les bases de données de OpenStreetMap et Mapbox, avec description par IA des commerces via les avis Google. La centralisation des liens externes vers d'autres agrégateurs comme Yelp ou Apple Maps est louable, mais le résultat visuel est un peu fouillis à no