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La NASA sauve Voyager 2 : la mise à jour cruciale qui prolonge sa mission historique dans l'espace interstellaire
Presque 50 ans après son lancement, la sonde Voyager 2 commence à sérieusement fatiguer. Mais une opération menée par les équipes de la NASA vient de lui offrir un nouveau sursis, pour le grand plaisir des amoureux d’astronomie.
En 1977, la NASA lançait les sondes Voyager 1 et Voyager 2 à deux semaines d’intervalles, avec la mission d’explorer les géantes gazeuses de notre système solaire. Elles ont évidemment parcouru du chemin depuis : dès 2018, Voyager 2 franchissait l’héliopause, la frontière de la bulle protectrice créée par le Soleil.
Elle évolue désormais dans l’espace interstellaire aux côtés de sa jumelle, à plus de 20 milliards de kilomètres de la Terre. À ce jour, elles demeurent les seuls engins humains à avoir franchi ce cap. Mais au fil du temps, elles se sont logiquement détériorées.
Car elles fonctionnent grâce à un générateur thermoélectrique radio-isotope, qui transforme la chaleur dégagée par la désintégration du plutonium embarqué en électricité. Et ce combustible s’épuise inexorablement : chaque sonde perd environ 4 watts de puissance chaque année. Leurs marges d’énergie sont extrêmement réduites après près d’un demi-siècle dans le vide spatial, mais la NASA redouble d’ingéniosité pour les maintenir en vie.
Depuis 2024, ses chercheurs ont ainsi désactivé deux instruments scientifiques sur chacune des deux sondes. Sur les dix instruments embarqués à l’origine sur chacune d’entre elles, sept sont dorénavant éteints… Et sans nouvelle intervention, un système supplémentaire aurait dû être sacrifié sur Voyager 2 avant la fin de l’année 2026.
Les ingénieurs du Jet Propulsion Laboratory (JPL) ont ainsi déployé l’opération « Big Bang ». Le principe : éteindre simultanément plusieurs appareils gourmands en énergie et les remplacer par des alternatives qui consomment beaucoup moins. Le tout en veillant à ce que la sonde reste suffisamment chaude pour continuer à fonctionner dans le froid glacial de l’espace.
Et ce fut un succès ! Grâce à cette manœuvre, les trois instruments encore actifs de Voyager 2 vont pouvoir continuer leur travail pendant une année supplémentaire, au moins.
Ce type d’intervention n’est évidemment pas improvisé. Il y a plusieurs années déjà, les scientifiques du JPL ont établi à l’avance l’ordre dans lequel chaque instrument serait éteint. Mais en 2025, la puissance de Voyager 1 a chuté de manière inattendue lors d’une manœuvre de rotation pourtant classique. Cela a menacé de déclencher un système de protection contre les sous-tensions. Pour éviter le pire, la NASA a préféré couper elle-même l’instrument suivant sur la liste, le LECP, qui mesure les particules chargées de faible énergie.
De quoi lui offrir un an de répit : les deux instruments restants, dédiés aux ondes plasma et au champ magnétique, sont pour leur part bien actifs. La NASA a ainsi pu finaliser l’opération « Big Bang » et la déployer en priorité sur Voyager 2, plus proche de la Terre. Elle dispose, en outre, d’une marge énergétique légèrement plus importante. Une telle extension est désormais à l’étude pour Voyager 1.