// LES NUMÉRIQUES — MONDO
Actualité : Les Pixel 11 soulignent les faiblesses de l’indice de réparabilité européen
Si Google a dernièrement fait des efforts pour rendre sa gamme de téléphones Pixel plus durable qu’auparavant, l’indice de réparabilité européen de ses nouveaux mobiles est trompeur. Et ce n’est pas entièrement de la faute de l’entreprise.
© Les Numériques - L'indice de réparabilité européen n'est pas prêt pour les Pixel 11. Où est-ce l'inverse ?
Comment les tout nouveaux Pixel 11 vont-ils supporter le poids des années ? À écouter Google, admirablement à n’en point douter. Les téléphones sont plus résistants aux rayures, bénéficient toujours de sept ans de mise à jour garantie par Google et d’autant d’années de disponibilité pour les pièces détachées.
De quoi faire de ces téléphones, sur le papier tout du moins, des appareils tout aussi durables que ceux de la génération précédente. Mais comme pour ceux de la génération précédente, il faut prendre leur indice de réparabilité avec des pincettes.
Les Pixel 11, 11 Pro, 11 Pro XL et 11 Pro Fold obtiennent techniquement tous des scores de réparabilité entre 3,5/5 et 3,8/5. Si les catégories relatives aux éléments de fixation et aux outils nécessaires au désassemblage font baisser un peu la note générale, les téléphones peuvent compter sur des notes maximales sur les critères de disponibilité des pièces, de la documentation et de la durée de mise à jour logicielle. Sauf que sur ce dernier critère, la note est trompeuse.
En effet, chaque téléphone affiche une disponibilité garantie minimale de mises à jour de cinq ans sur sa fiche européenne. Cette date étant calculée après la date de fin de la mise sur le marché du modèle de produit, cela correspond donc aux engagements de Google. Deux ans de commercialisation + cinq ans de suivi = sept ans de mise à jour.
Là où le bat blesse, c’est que, d’après la documentation de la Commission européenne, une durée de cinq ans ne devrait rapporter qu’un point sur ce critère et pas cinq comme c’est le cas ici. La preuve, le tout nouveau Galaxy Z Fold 8 qui promet aussi cinq années de mise à jour après la fin de sa mise sur le marché,ne récolte qu’un maigre 1/5 dans cette sous-note. Plus curieusement encore, le Pixel 10 affiche lui sept ans de mise à jour garantie et récolte la même note de 5/5.
Ce drôle de micmac est en fait dû à une mauvaise compréhension du nouvel indice de réparabilité européen par les constructeurs et par les organes de régulation eux-mêmes. Comme nous le soulignions il y a quelques mois, la durée garantie de mise à jour est parfois indiquée à partir de première date de mise sur le marché du produit et parfois à partir de la fin de la mise sur le marché du produit, comme cela devrait être le cas. Cela autorise des écarts de plusieurs années sur ce critère pourtant essentiel pour jauger de la durabilité d’un produit.
Depuis la fin de l’année dernière, Samsung semble en fait être un des seuls bons élèves à avoir corriger ce qui peut, à la limite, être considéré comme erreur de jeunesse concernant l’appréhension de cette nouvelle régulation. La plupart des autres constructeurs continuent d’indiquer la durée de mise à jour à partir de la première date de mise sur le marché du produit.
On peut penser ce qu’on veut de ce choix potentiellement contre-intuitif fait par l’UE, reste que cela provoque des incongruités flagrantes sur le calcul de l’indice de réparabilité. Comment un Z Fold 8 avec cinq ans de suivi peut hériter d’un 1/5 dans un cas et un Pixel 11 avec la même durée de mise à jour récolter un 5/5 dans l’autre ? En plus de ça, Google a manifestement bien intégré la bonne méthode de calcul entre la sortie de la fiche du Pixel 10 et celle du Pixel 11 (la première affiche sept ans, l’autre cinq ans), mais la note assignée au critère reste pourtant la même.