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Actualité : Souveraineté numérique : les Français en rêvent, mais seuls 49 % sont prêts à en payer le prix
Si la souveraineté numérique séduit sur le papier, le passage à l’acte s’annonce complexe. Entre réticence financière et méfiance envers les institutions, les Français ne partagent pas tout à fait le même avis que leurs voisins européens.
© mr_tigga/Shutterstock - Oui à la souveraineté numérique, mais sans y mettre le prix : le paradoxe français
Depuis des années, l’hégémonie des géants nord-américains comme Google, Microsoft ou Amazon suscite de vives inquiétudes sur le Vieux Continent. Face à cette dépendance manifeste, Bruxelles a fait de la souveraineté numérique son nouveau cheval de bataille (enfin presque). Mais qu’en pensent réellement les principaux intéressés, Français et membres de l’UE ? Publié récemment par la Commission européenne, le dernier Eurobaromètre Digital Decade délivre un diagnostic chiffré, où la volonté des uns se heurte à la réalité des autres.
La quête de souveraineté numérique résonne de plus en plus dans l’Hexagone, et l’Eurobaromètre Digital Decade de février-mars 2026 met clairement en lumière cette tendance, plus ou moins proche de la moyenne européenne.
Sur le principe de politique pure, le rapport montre tout d’abord que les Français suivent le mouvement. En effet, 83 % des sondés estiment que l’Union européenne doit impérativement réduire sa dépendance vis-à-vis des services de pays tiers, un résultat quasi identique à la moyenne globale de l’UE qui s’établit à 82 %.
Cependant, cette belle conviction s’effrite nettement lorsqu’on aborde le sentiment d’urgence et les efforts concrets à fournir. Alors que 79 % des interrogés considèrent que la politique numérique devrait constituer une priorité haute, voire très haute, pour façonner l’avenir du continent, les Français se montrent plus en retrait, à 72 %.
Ce décalage s’accentue de manière encore plus marquée sur la question financière : seuls 49 % des sondés français se disent prêts à basculer vers un fournisseur européen de services numériques si cela implique un surcoût, alors que la moyenne européenne s’élève à 58 %. Cette dernière est d’ailleurs massivement portée par des pays très volontaires et moteurs de la souveraineté numérique, dont le Danemark (76 %), la Suède (73 %) ou encore le Luxembourg (69 %).
Enfin, ce positionnement français complexe, constamment tiraillé entre une réelle ambition de souveraineté et une grande prudence tarifaire, s’accompagne d’une méfiance structurelle profonde envers les institutions. La France est d’ailleurs l’un des deux seuls États-membres, aux côtés de la Grèce, où une majorité de citoyens ne se sent pas protégée par l’Union européenne dans l’environnement numérique.
Alors que 51 % des Européens jugent cette protection efficace au niveau global, l’opinion française exprime un doute plus tenace avec seulement 47 % d’opinions favorables (48 % d’insatisfaits). Le projet numérique européen a encore un long chemin à parcourir pour séduire une population à peine convaincue par les actions des institutions.
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