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« Je suis revenu terrifié » : l’alerte d’un sénateur sur la voiture électrique chinoise passée au crible
Alain Cadec, sénateur Les Républicains des Côtes-d’Armor et auteur d’un rapport sénatorial sur l’avenir de la filière automobile, était l’invité de Public Sénat début juin.
Il venait de visiter des constructeurs chinois avec la commission des affaires économiques, et il en est ressorti une formule : « Je suis revenu terrifié. » Le sénateur, qui connaît bien l’usine Stellantis de Rennes où doit arriver un modèle du chinois Dongfeng, décrit une industrie qui aurait « 15 ans d’avance » sur l’Europe.
Les inquiétudes ne manquent pas autour de ces véhicules, jusqu’à la crainte qu’ils puissent être désactivés à distance depuis la Chine. Sur ce fond, difficile de lui donner tort.
Le plus étonnant, c’est que sa démonstration se dessert sur son propre exemple. Pour illustrer le retard français, il avance : « Quand la Chine sort 10 000 ingénieurs par an, la France en sort 1000. » Les deux chiffres sont faux. La France diplôme chaque année entre 46 000 et 49 000 ingénieurs, et la Chine en forme entre 1,2 et 4 millions selon les périmètres retenus.
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Le vrai écart tourne donc autour de un à vingt-cinq, voire un à quatre-vingts, quand le sénateur parle de un à dix. La réalité est encore moins flatteuse pour l’Europe que ce qu’il décrit : il sous-estime son meilleur argument.
Premier accroc, à propos du groupe Scania : « il y a des capitaux chinois dans Scania », affirme le sénateur. C’est faux. Le constructeur suédois de poids lourds appartient à 100 % à Traton, la holding dont Volkswagen détient près de 90 %. Aucun capital chinois là-dedans. La confusion vient sans doute de Volvo : la branche voitures a été rachetée par le chinois Geely en 2010, et Li Shufu, son fondateur, est entré au capital du groupe de camions AB Volvo en 2018. Deux entreprises distinctes, dont aucune ne s’appelle Scania.