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Actualité : Android : en Europe, Google pourrait être obligé de permettre la désinstallation de l'IA
La FSFE vient de transmettre une série de recommandations à la Commission européenne concernant Android. Nul doute que Google ne s'en réjouira pas spécialement.
© davide bonaldo/Shutterstock - Et si l'Union Européenne imposait de nouvelles règles à Google et Android, notamment autour de l'IA ?
En 2026, presque aucun smartphone Android, même d’entrée de gamme, n’échappe au dopage de l’IA. Non seulement les constructeurs saturent leurs terminaux de ces fonctionnalités dès le premier démarrage, mais il est bien souvent impossible de s’en débarrasser. C’est sans surprise le cas des outils d’intelligence artificielle de Google qui, même désactivés, s'invitent à nouveau sans le consentement des utilisateurs au gré des mises à jour. Un état de fait qui ne convient pas à la FSFE et pourrait bien changer au sein de l’Union européenne.
Organisme à but non lucratif engagé dans la défense du logiciel libre et des droits des utilisateurs, la FSFE (Free Software Foundation Europe) a soumis à la Commission européenne un document de 16 pages. Transmis dans le cadre d’une consultation publique sur les obligations d’interopérabilité d’Android liées à l’article 6(7) du DMA, ce rapport pointe plusieurs secteurs qui “requièrent un renforcement”.
D’abord, l'association réclame la possibilité de désinstaller totalement les composants IA sur Android, sans craindre une réinstallation silencieuse dans le dos des utilisateurs. Une règle qui devrait s’appliquer au-delà du contrôle technique de Google pour couvrir l’écosystème Android dans son ensemble.
Pour mémoire, le navigateur Google Chrome a récemment été épinglé pour avoir (re)téléchargé en arrière-plan près de 4 Go de fichiers liés à l’IA Gemini Nano, sans en avertir l'internaute. En juillet 2025, la FSFE exigeait déjà que les utilisateurs puissent purger définitivement ces fonctionnalités natives afin de récupérer de l'espace de stockage utile.
Ensuite, le document demande que les développeurs accèdent aux fonctions d’interopérabilité de l’AOSP (Android Open Source Project) de manière plus libre et découplée des procédures de vérification. En clair : pouvoir travailler sans compte Google (donc sans dévoiler son identité), sans présence sur le Play Store et sans accord contractuel (donc gratuitement).
Une exigence aux antipodes du souhait récent et décrié de Google, qui imposera d'ici septembre prochain une inscription obligatoire au programme Android Developer Verification dans certains pays.
Il reste désormais à savoir si la Commission européenne saura entendre ces recommandations, sous quels délais elles se traduiront dans les faits, et comment la firme de Mountain View réagira.
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