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Affaire Le Scouarnec : "On espère pouvoir être dans un échange collaboratif" avec Gérald Darmanin, confie la porte-parole du collectif des victimes de Joël Le Scouarnec
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En amont de sa rencontre avec le garde des Sceaux à Vannes ce vendredi, Manon Lemoine, porte-parole du collectif, elle-même victime de l'ancien chirurgien, se confie dans "La Matinale" sur ses attentes. "On s'est présentés à plusieurs reprises place Vendôme, mais Monsieur le ministre n'était jamais disponible", souligne-t-elle.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Jeanne Baron : Manon Lemoine, vous êtes la porte-parole du collectif des victimes de Joël Le Scouarnec, et vous-même avez été victime. D'abord, une réaction à l'ouverture de cette nouvelle enquête judiciaire pour dix nouveaux viols et 40 agressions sexuelles ?
Manon Lemoine : Ce n'est pas une surprise pour nous, puisque l'enquête a été ouverte déjà sur le temps du procès, l'année dernière, il avait fait des révélations au procès lui-même sur sa petite fille. Et puis Hugo Lemonier avait déjà refait toute une enquête, où il avait révélé un certain nombre de défaillances dans cette enquête où des victimes n'avaient pas été retrouvées. Donc, nous savions que des victimes restaient non contactées, non accompagnées et donc toujours pas dans cette phase de reconstruction qui était nécessaire.
Ce vendredi, le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, vient à votre rencontre, à celle des victimes, à Vannes. Qu'est-ce que vous avez à lui dire ? Quels vont être les mots que vous allez utiliser pour évoquer cette sombre histoire avec lui ?
Déjà, on va le remercier d'avoir pris le temps de nous rencontrer après un an de sollicitations, parce qu'on s'est présentés à plusieurs reprises place Vendôme, mais Monsieur le ministre n'était jamais disponible. Il a pris la parole parfois sur notre affaire à l'Assemblée avec des propos que nous n'avons pas toujours compris, donc ce sera l'occasion aussi de faire la lumière sur cela. Et puis, on espère ensuite qu'il y aura une phase de travail. On ne cherche pas à avoir une posture politique face à nous, on ne cherche pas à ce qu'on ait quelqu'un qui se positionne en sachant. On est les mieux placés pour parler de notre propre histoire et de notre propre vécu dans cette affaire en tant que victime, en tant que maintenant personnes qui se mobilisent pour que les droits des victimes, les droits des usagers puissent être respectés et que chacun puisse être accompagné dignement. Donc, on espère pouvoir être dans un échange collaboratif.
Vous dites, ça fait des mois qu'on attendait et qu'on demandait au ministre de venir à notre rencontre. Comment est-ce que vous expliquez que ça arrive là, maintenant, la question de la temporalité ?
On peut se poser beaucoup de questions par rapport à cette temporalité. On lui demandera et on espère qu'il pourra répondre à cette question.
Il y a eu des défaillances judiciaires autour de cette affaire. Ces failles ont mis en exergue le manque de coordination entre la justice, l'hôpital, l'ordre des médecins, les autorités de santé. On va prendre un exemple très clair. En 2005, il y a plus de 20 ans, Joël Le Scouarnec a été condamné pour détention d'image pédopornographique. C'est un autre chirurgien qui alerte le conseil départemental de l'ordre des médecins, dès 2006, et pourtant il continue d'exercer jusqu'en 2017. Il continue de changer d'établissement, sans que les établissements soient pour autant alertés. Ça, c'est une faillite qui est extrêmement importante, qui est très grave. Un, comment vous l'expliquez ? Deux, comment allez-vous faire pour alerter le garde des Sceaux à ce sujet ?