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Actualité : ChatGPT, Claude, Gemini : la Chine a discrètement infiltré les IA, et donc leurs réponses
Une récente étude montre que les réponses de ChatGPT, Claude ou encore Gemini reproduisent des lignes narratives issues de médias d’État chinois. En cause : les données d’entraînement utilisées par ces plateformes.
© Pawel Michalowski/Shutterstock - Trop entraîner les IA sur les données du web leur fait intégrer de la propagande chinoise, issue des milliers d’articles publiés par des médias d’État.
Sans aucune intervention directe, Pékin a réussi à se tailler une place dans ChatGPT, Claude, Gemini et d’autres modèles d’IA occidentaux, transformant ces assistants populaires en de discrets relais d’influence. Il faut dire qu’à force d’entraîner les IA sur toujours plus de données, notamment issues du web, les dires des médias d’État chinois ont réussi à planter quelques graines dans leurs systèmes, et donc leurs réponses. Explications.
Le mécanisme mis en lumière par une récente étude publiée dans la revue Nature est aussi simple que redoutable. Les États n’ont en effet plus besoin de pirater les serveurs américains pour imposer leur récit, il leur suffit d’inonder le web d’articles et de sites pour que ces récits finissent par imprégner les intelligences artificielles génératives.
Ces milliards de textes sont ensuite aspirés aveuglément par les bases de données d’entraînement. En détectant des régularités statistiques, soit les formulations qui reviennent le plus souvent, les IA assimilent ces récits comme des vérités absolues. Sur certains sujets politiques sensibles, les chercheurs ont repéré jusqu’à 23 % de documents issus de médias d’État chinois dans les corpus analysés.
Cette proportion massive crée alors un biais systémique, qui s’exprime d’ailleurs de façon flagrante selon la langue utilisée par l’internaute. Si vous posez une question sur la Chine en anglais ou en français à un chatbot, la réponse restera généralement mesurée. Mais si vous formulez cette même requête en mandarin, l’algorithme change radicalement de ton. Par exemple, face à une requête en chinois, l’outil d’OpenAI produit une réponse favorable à Pékin dans 84 % des cas. Chez Anthropic, le modèle Claude Opus monte jusqu’à 88 %.
Les modèles d’intelligence artificielle souffrent ainsi de la même vulnérabilité majeure héritée du web, où les récits d’État prolifèrent. Ces biais structurels finissent donc par l’emporter sur les discours de neutralité, avec des réponses clairement orientées dès que l’on sort de la sphère occidentale.
Si des pays comme la Chine exploitent l’entraînement des modèles pour imposer leur récit, la logique est symétrique du côté des États‑Unis. En entraînant leurs algorithmes sur des corpus massivement nord-américains, les entreprises de la Silicon Valley s’assurent que leurs IA intègrent et relaient naturellement leur propre idéologie.
L’utilisateur non averti pense finalement dialoguer avec une machine “objective”, alors qu’il fait face à un reflet algorithmique de la culture et des valeurs qui l’ont nourrie.
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