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Actualité : La Chine débranche Windows pour adopter ses propres OS, Microsoft dit ne pas être au courant
C'est acté en Chine. Le ministère chinois de la Sécurité d'État demande aux organismes rattachés au gouvernement de désinstaller Windows 10 China Government Edition. Le retrait de cette version est attendu pour février 2027, sauf que voilà, Pékin demande à accélérer les choses.
Windows 10 China Government Edition est une version très spéciale du système d'exploitation, comme son nom le laisse entendre. C'est en 2016 que Microsoft l'a développé avec China Electronics Technology Group Corporation au sein de la coentreprise C&M Information Technologies. À noter que l'actionnaire chinois a la majorité du capital.
La déclinaison chinoise de Windows 10 retire les fonctionnalités jugées inutiles comme OneDrive et ce sont les autorités chinoises qui ont les pleins pouvoirs au niveau des mises à jour. Des algorithmes de chiffrement du pays sont aussi appliqués. C'est en 2017 que les douanes chinoises et la ville de Shanghai commencent à tester Windows 10 China Government Edition.
Mais alors pourquoi cette disparition de Windows en Chine ? Tout d'abord, même si ce n'est pas dit par les sources de Bloomberg, on peut supposer que le pays cherche à adopter une indépendance numérique. Quant à ce que disent les sources de Bloomberg, ce seraient des inquiétudes au niveau de la sécurité des données qui auraient motivé le choix du Parti communiste chinois.
Microsoft a répondu à Bloomberg en expliquant ne pas avoir connaissance d'un incident de sécurité qui toucherait cette version, qui continue d'avoir des mises à jour régulières. C'est un peu le flou du côté de la firme de Redmond et on le sait, la communication entre la Chine et les États-Unis n'est pas toujours aisé.
La bourse chinoise a bien évidemment réagi à cette rumeur. Les investisseurs parient déjà sur les entreprises qui seront choisies pour proposer une alternative à Windows dans les administrations. Un mouvement boursier qui n'a rien d'inédit accompagne toujours chaque annonce anti-Microsoft.
Pour les systèmes d'exploitation chinois qui remplaceraient Windows, on parle de Kylin V10 et UOS, développés respectivement par Kylin Software et Tongxin Technology. Mais Huawei pourrait aussi être envisagé avec HarmonyOS qui tourne déjà sur des PC portables avec une puce maison Kirin. Des entreprises locales qui bénéficient du soutien du gouvernement chinois depuis des années.
L'historique de la Chine plaide en faveur d'un mouvement anti-étasunien. En 2014, Pékin a interdit Windows 8 dans les marchés publics. Puis en 2022, les agences centrales et les entreprises publiques ont reçu la consigne de remplacer les PC étrangers par du matériel chinois dans un délai de deux ans.
Malgré tout, le grand public reste très attaché à Microsoft. En juillet 2026, les chiffres de StatCounter donnaient 87,65 % du trafic web chinois sur PC sous Windows. Et C&M Information Technologies commercialise toujours Windows 11 Home China pour les particuliers. Malgré tout, la Chine est marginale en termes de revenus pour Microsoft. Le pays ne pèse qu'environ 1,5 % du chiffre d'affaires mondial de la firme de Redmond.
En France aussi, on cherche à se débarrasser de l'hégémonie étasunienne dans l'administration. La différence, c'est juste que ce n'est pas spécialement Windows qui est visé. En 2026, chaque ministère français est appelé à présenter sa feuille de route de migration vers Linux et des solutions souveraines avant l'automne sur un parc de plus de 2,5 millions de postes.