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Le Tesla Model Y détrône Hyundai dans son propre pays
En juillet, le Tesla Model Y est devenu la voiture neuve la plus vendue de Corée du Sud, devant la Hyundai Grandeur, sur un marché historiquement dominé par les constructeurs locaux. Le SUV électrique américain, assemblé en Chine, a dépassé les 8 700 immatriculations sur le mois.
Tesla a livré 8 705 exemplaires du Model Y en juillet, contre 8 532 berlines Hyundai Grandeur, un modèle hybride phare du constructeur coréen sur son marché domestique. Sur l’ensemble du mois, la marque américaine a immatriculé 10 237 véhicules en Corée du Sud, tous modèles confondus, avec 33,1 % des ventes de voitures importées, loin devant BMW et Mercedes-Benz. Même ensemble, les trois constructeurs domestiques GM Korea, Renault Korea et KG Mobility n’ont totalisé que 5 080 immatriculations sur le mois. En mai, le SUV électrique américain avait déclassé les modèles locaux une première fois, avec 8 762 unités vendues. Depuis janvier, les ventes cumulées atteignent 66 376 unités, en hausse de 149,8 % sur un an. À lui seul, le Model Y représente 52 064 de ces livraisons.
En 2025, l’usine chinoise de Shanghai a produit environ 850 000 véhicules Tesla et exporté 226 034 unités, dont 59 215 exemplaires de Model 3 et Model Y à destination de la Corée du Sud, un quart du total. En 2025 également, les ventes du groupe ont chuté de 27,8 % en Europe et de 4,8 % en Chine, deux marchés jusque-là prioritaires pour cette usine. Le groupe a réduit ses prix sur le marché coréen et redirigé une partie de la production de Shanghai vers ce débouché.
Sur le terrain technique, l’Ioniq 5 rivalise pourtant directement avec le Model Y, grâce à un toit solaire et une fonction de recharge bidirectionnelle pour d’autres véhicules. Le SUV américain n’en dispose pour l’instant pas. Le tarif plus bas du Model Y compense, pour l’instant, ce gap technique. Contrairement au Model Y, importé de Chine, le modèle sud-coréen est fabriqué localement.
En avril, les autorités coréennes ont annoncé un nouveau barème de subventions, noté sur cent points avec un minimum de 80 requis, et fondé sur sept critères, notamment la contribution industrielle locale, la présence de centres de recherche, l’emploi domestique, le réseau après-vente et la sécurité des batteries. Le montant de l’aide est compris entre 5,3 et 5,8 millions de wons par véhicule, soit environ 3 000 à 3 300 euros, selon le gabarit du modèle. Depuis juillet, une assurance spéciale contre les incendies de batterie est également obligatoire pour tous les constructeurs.
Les autorités coréennes pénalisent en premier lieu Tesla avec ce nouveau barème, alors que les importations du groupe depuis la Chine avaient capté environ 114 millions d’euros de subventions publiques et locales l’an dernier, dont près de 97 millions pour le seul Model Y. Hyundai et Kia, producteurs locaux, profitent en retour d’un avantage structurel sur ce nouveau système de notation. Chez Hyundai, ce barème profite à l’Ioniq 6, tout comme l’EV3 chez Kia, grâce à leur fabrication locale.
Selon un expert du secteur automobile, cité par le quotidien sud-coréen Chosun, les autorités ne cherchent pas à exclure Tesla du marché, mais veulent inciter les constructeurs étrangers à investir dans le réseau après-vente local et les fournisseurs coréens.
En juillet, le ministère coréen de l’environnement a exclu le chinois BYD de ce dispositif, faute d'un score supérieur à 60 points lors de l’évaluation. En revanche, Tesla Korea a obtenu son aval, aux côtés de neuf autres constructeurs de véhicules particuliers retenus dans le dispositif.
Sur les cinq derniers mois, les ventes mensuelles de Tesla ont été supérieures à 10 000 unités à chaque fois.