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REPORTAGE. Derrière les vols d’engins agricoles, des réseaux issus de la criminalité organisée
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Malgré une légère baisse au premier semestre 2026, les vols d’engins agricoles restent un phénomène qui désempare les agriculteurs et inquiète les forces de l’ordre. Trois personnes ont été interpellées dans la Marne et mises en examen, soupçonnées de recel de biens provenant de vols aggravés.
Ils pensaient se rendre en Pologne en toute discrétion. Mais tout a dérapé, en mars dernier, lors d'un banal contrôle routier dans le département de la Meuse. Les gendarmes s'aperçoivent que le poids lourd qu'ils ont devant eux transporte deux engins télescopiques de marque Manitou, des engins qui sont signalés volés dans le département voisin de la Marne. L'enquête commence et les gendarmes s'aperçoivent que les voleurs ont dérobé plus d'une dizaine de ces engins tout-terrain qui valent 15 000 euros pièce.
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"On comprend que ces deux Manitous sont en cours de transport vers la Pologne et, à partir de là, l'enquête prend une autre tournure, on commence à identifier les objectifs et on met au jour une structure qui est apparue organisée et spécialisée dans le vol de ce type de biens, explique Yannick Buffet, commandant en second de la section de recherche de Reims. Ce sont des engins qui sont quand même assez volumineux et ce ne sont pas des vols classiques", précise cet enquêteur qui a déjà travaillé sur des affaires du même type dans le passé. Dans ce dossier, trois personnes âgées de 20 à 40 ans sont depuis mises en examen, soupçonnées de recel de biens provenant de vols aggravés.
Cette affaire, la dernière d'ampleur, illustre un phénomène qui provoque la colère des agriculteurs depuis maintenant plusieurs années et qui inquiète les autorités. Et, cela, malgré une légère baisse au premier semestre 2026 par rapport à la même période en 2025 avec une petite centaine de plainte recensée jusqu'au 31 juillet dernier. À chaque fois, pour les agriculteurs, le préjudice est important puisqu'il s'agit d'instruments technologiques indispensables aux exploitations. La nouveauté cette année, ce sont les vols de carburant agricole, le GNR qui est détaxé. Des vols qui se multiplient à cause de la situation instable au Moyen-Orient : ils ont augmenté de 32% au second trimestre 2026 par rapport au premier trimestre.
Olivier Rabaud, céréalier dans le Tarn, en a fait les frais au printemps. Alors qu'il venait de rentrer 2 400 litres de GNR dans sa cuve pour faire le plein de ses tracteurs, les voleurs ont tout siphonné. Son hangar, situé dans une zone rurale, n'était alors pas sécurisé, ce qui en a fait une proie facile pour des cambrioleurs, très bien renseignés, et qui, selon cet agriculteur, rodent toujours aujourd'hui dans les environs. "Les repérages continuent de manière incessante. Ce sont des voitures qui viennent souvent entre deux heures et demi et quatre heures du matin. Ils savent quand intervenir", décrit cet agriculteur.
"Depuis cette fin du mois d'août, des nouveaux repérages interviennent avec des véhicules inconnus qui s'arrêtent sur les chemins."
Le témoignage d'Olivier Rabaud permet de comprendre que ces voleurs agissent en équipes déterminées et très professionnelles. C'est l'analyse du lieutenant-colonel Pierre Ledroit, coordinateur du plateau investigation véhicule au sein de l'UNPJ (Unité nationale de police judiciaire de la gendarmerie). "On a une professionnalisation de la filière. Ce sont des gens qui sont spécialisés dans ce type de vols, dans le maquillage de ces engins et dans leur exportation, explique ce haut gradé de la gendarmerie. On s'approche réellement d'une criminalité organisée. Ils sont organisés parce que ce sont des bandes structurées, avec des équipes spécialisées dans le vol, d'autres spécialisées dans le maquillage, d'autres dans l'exportation et, de ce côté-là, on se rapproche de ce qu'on peut découvrir dans des groupes liés au trafic de stup