// FUTURA SCIENCES — SPAZIO & SCIENZA
Faut-il arrêter de labourer pour sauver nos sols ? L’éclairage sans détour de Marc-André Selosse
Sous nos pas, le sol abrite une biodiversité colossale. Elle œuvre en secret pour notre bien. Face à la sécheresse, peut-elle résister ? Dans le premier épisode de cette nouvelle série d’été, le biologiste Marc-André Selosse donne une réponse claire : oui, mais…... Lire la suite
La canicule historique de fin juin 2026 vient de pulvériser tous les records en France. Au-delà du simple coup de chaud, cet épisode nous rappelle que les extrêmes climatiques s’intensifient. Sommes-nous face à l’été le plus frais du reste de notre vie ? Le climatologue, chercheur au CNRS et directeur du Départment de géosciences de l'école normale supérieure (ENS), Fabio D’Andrea nous donne un aperçu d’un futur qui n’aura plus rien de normal.... Lire la suite
Dans le premier épisode de cette série d’été, Marc-André Selosse nous prévenait : le sol résiste à la sécheresse… jusqu’à une certaine limite. Cette fois, le biologiste nous décrit ce que l’agriculture pourrait (et devrait) faire pour ne pas pousser les sols à bout. Spoiler : cela commence par arrêter de les labourer.
Vouz vous rappelez, dans le premier épisode de cette série d'été ? « Des morts par centaines de milliers. »
Sous nos pas, le sol abrite une biodiversité colossale. Elle œuvre en secret pour notre bien. Face à la sécheresse, peut-elle résister ? Dans le premier épisode de cette nouvelle série d’été, le biologiste Marc-André Selosse donne une réponse claire : oui, mais…... Lire la suite
Ces mots de Marc-André Selosse, biologiste au Museum national d'histoire naturelle (MNHN) de Paris : « La matière organique est comme du coton qui retient l'eau. » C'était un indice de taille pour qui veut comprendre comment l'agriculture peut faire face à un épisode de sécheresse. Non pas grâce à des bassines posées comme autant de pansements sur des jambes de bois, mais grâce à des champs riches en matière organique.
Nous avons commencé la récolte du foin et la fauche de nos belles prairies naturelles. Quelle richesse botanique! Jamais elles ne reçoivent d engrais chimique que du fumier de nos animauxC est du caviar et l'odeur je vous explique même pas pic.twitter.com/KIFhpIdcv2
« Labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France. » L'idée nous vient du début du XVIIe siècle. En première lecture, on comprend que le labourage nous renvoie aux plantes que nous pouvons mettre dans nos assiettes et le pâturage, aux bêtes que nous mangeons. « Mais il y a quelque chose de plus subtil derrière. En consultant les manuels d'agronomie de l'époque, on s'aperçoit qu'ils avaient compris que, pour que les plantes poussent, il faut avoir des animaux qui pâturent et dont les crottes permettent ensuite d'enrichir les champs », nous explique Marc-André Selosse.
Parce que rappelons (nous l'avons détaillé dans le premier épisode de cette série Terres sous tension) que ce sont les micro-organismes qui vivent sous terre qui creusent et maintiennent les trous minuscules qui permettent aux sols de retenir l'eau. Et qui stockent eux-mêmes aussi de l'eau avant de se décomposer.
Voici donc le premier conseil du biologiste au MNHN à l'agriculture : préférer les engrais organiques aux engrais minéraux qui dominent aujourd'hui, mais aussi miser sur la polyculture-élevage, au moins à l'échelle des paysages. « La spécialisation élevage versus culture, cela n'a pas de sens. »